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Un crochet par Pékin...Sur le chemin du retour nous passons quelques jours à Pékin: des gens à rencontrer et des lieux à visiter... En 3 jours, nous n'avons qu'une impression furtive de cette ville tentaculaire...un ciel bleu comme nous n'en avions vu depuis si longtemps suffit à nous la rendre sympathique, et ce, malgré la circulation (beaucoup plus organisée qu'à Chengdu car les pékinois s'arrêtent aux feux!) et la pollution qui forme un halo sur la ville.
Ses habitants, en revanche, nous font moins bonne impression: il nous faut à 2 reprises entrer dans de longues palabres pour éviter l'arnaque...et je ne vous parle pas de shopping dans des lieux touristiques, non: je vous parle de manger une soupe au coin de la rue!!! Nous nous félicitons de savoir lire le chinois, car cela nous permet de dire "ben non, le prix c'est écrit là!"...ce qui bien sûr les sidèrent. Sidérés, aussi, les gens à l'arrêt de bus, quand nous lisons les panneaux d'information écrits uniquement en chinois!!! Et nous: heureux de pouvoir nous débrouiller "comme des grands", alors qu'il y a seulement quelques mois nous ne comprenions rien, ni à ce qui était écrit, ni au fonctionnement de la société! La moralité de ce court séjour dans une ville inconnue: un cours de chinois est indispensable pour la survie en Chine, et plus particulièrement à Pékin!
Sur ce, j'ai une pensée pour tous les pauvres touristes innocents qui vont débarquer en aout 2008!!! ...sauf si le gouvernement déclare la peine de mort pour tout commerçant qui arnaque un touriste (ils en seraient capables!)
Heureusement, il existe à Pekin des gens honnêtes: les musulmans du hutong où nous vivons, par exemple...
Un hutong, ces petites allées étroites du vieux Pékin, qui conservent, outre des maisons traditionelles avec leur cours intérieure et des petits palais de mandarins rénovés, une atmosphère de vie traditionelle: marché, marchands ambulants, circulation à 2 roues, puisque les voitures y sont interdites...
Notre hotel dans une maison traditionelle organisée sur 2 étages autour de la cours intérieure.
Nous sommes heureux d'y trouver une chambres isolée et chauffée par de vrais radiateurs (contrairement à notre appart' de Chengdu), ainsi que la chaleur humaine des rencontres avec d'autres voyageurs autour du brasero de la cours intérieure.
Comme toutes les grandes ville chinoises, Pékin ensevelit la tradition sous une modernité "bling bling"
(il parait que c'est un mot à la mode en France!)
Même pas en heure de pointe, sur le périph' numéro 1 (il y en a 4)!!!
Après nous être imprégné de l'ambiance de la rue et avoir rencontré amis et contacts professionnels, il ne nous reste qu'une journée pour "faire du tourisme"...devinez ce que nous choisissons de faire?
Eh bien, j'aurais aimé montrer plus d'originalité, mais non: nous sommes allés voir la fameuse cité interdite!!! En même temps il aurait été dommage de rater cela: la cité interdite et la place Tian An Men sont depuis quelques centaines d'années le coeur de la Chine. Ici l'on comprend beaucoup de choses sur le pays...à moins que ça soit quand on connait le pays qu'on comprend beaucoup de choses sur ce lieu...
La densité militaire (3 milices différentes: les verts, les marrons et les bleus) sur la place Tian An Men ("La porte de la paix celeste"...l'histoire a de l'humour!!!)
L'ambiance "aseptisée": ici un crachat est sévèrement puni...de toutes façon QUI oserait cracher face au mausolée de Mao?
Certainement pas les paysans des provinces les plus reculées que le gouvernement amène à Pékin afin qu'ils viennent honorer le grand timonier...sinon, le mausolé serait vide de visiteurs...qui maintenant viendrait le voir à moins qu'il n'y ai une opportunité de "shopping à la capitale" à la clé???
Tiziano Terzani, dans "Behind the forbiden door" a écrit: " Au coeur du coeur de la Chine git un cadavre que personne n'ose enlever"
Vrai au sens propre : la momie embaumée de Mao git toujours au centre de la place Tian An Men...pour instiller une peur superstitieuse ou pour donner une preuve de ce qu'il était hors du commun?
Et au figuré: personne n'ose admettre l'erreur que le peuple chinois a fait en suivant le grand timonier et le gouvernement s'obstine à "sauver la face" (notion primordiale dans la culture chinoise) en pronant un socialisme "à la chinoise" qui n'est autre qu'un hyper-capitalisme!!!
Deng Xiaoping avait réussit à "sauver la face" du peuple chinois en proclamant que
"Mao avait raison à 75% et tort à 25%"
L'exorcisme n'ira pas plus loin car tant de gens y ont cru et pris part au pire durant ces années...
Les chinois s'interressent à leur histoire ancienne, celle des empereurs, éloignée et glorieuse...les feuilletons télévisés sur leurs empereur-héros sont légion, ainsi que ceux sur les gentils chinois en lutte contre les méchants japonais...de ce qui s'est passé après, personne ne veut en parler, personne de veut le savoir.
...quand, à la falaise des 1000 buddhas, mon amie me dit que les têtes ont été détruites pour être revendues et que je lui demande si ce n'est pas plutôt durant la révolution culturelle, elle nie en bloc: le coupable, c'est l'argent...
...quand, une de mes amies américaines propose à sa colocataire chinoise de lire un livre, interdit en Chine, sur la période communiste, elle refuse : "l'histoire ne m'interresse pas"...
Trop dangereux?
Trop destabilisant?
Est-ce que le gouvernement n'est-il pas en train de créer une immense névrose en enfouissant tant de haines et de souffrance dans l'inconscient collectif? Un inconscient collectif de 1.3milliards...ça peut faire mal, au réveil!!!
Toujours dans les métaphores...le pavillon central de la cité interdite est en chantier: rénovation pour faire bonne impression lors des JO...comme tout le reste du pays!!!
L'intérieur de cette cité interdite, bien qu'un peu trop aseptisé à notre goût, recèle, dans les quartiers d'habitation, des petits trésors de courettes et des corridors aux fenêtres ouvragées qui scultent les rayons de soleil.
Dans les salles aux trésors, de belles pièces...dont la grandiloquence me séduit moins que les objets de la vie courante finement travaillés vus au musée de Chengdu et appartement à une époque plus ancienne et moins "bling bling" (j'adore ce mot!)
Petit pavillon dans les superbes jardins de la cité interdite...
Vue de la colline sur la cité interdite...
Une autre vue, toute métaphorique: on y voit la cité interdite, symbole du passé, à gauche. Derrière au centre (peu visibles) les bâtiments "staliniens" du gouvernement actuel et à droite, le dôme rutilant de l'opéra...le futur???
Ville tentaculaire dont les hautes tours s'étendent à perte de vue dans toutes les directions
A la fois dense et aérée
A la fois moderne et traditionnelle
A la fois hystérique et zen
A la fois stricte et bordélique
A la fois agréable et stressante
Mais il n'est pas assez de 3 jours pour en lister tous les paradoxes
Comme il n'est pas assez de 8 mois pour comprendre la Chine...pas assez d'une vie d'Occidental pour cerner les règles mouvantes qui régissent cette société si différente, plongeant ses racines dans un terreau culturel totalement isolé du judéo- christianisme.
Des règles de vie qui, comme leur règles de language, ne sont pas figées et s'adaptent à la situation, au statut des interlocuteurs, à leur histoire commune et à tous ces autres paramètres que seul un être éduqué à cette sensibilité particulière peut comprendre... Dans cette société où tout ce joue "à l'oreille", l'occidental, qui attend des règles claires et identiques quelque soit la situation, perd ses repères. Dans cette société où tout est symbole, la signification d'un caractère peut en cacher des dizaines d'autres, les jeux de mots, symboles et superstitions structurent la culture et les traditions. Je suis convaincue que l'une des différences fondamentales entre nos deux cultures et que la notre est ancestralement basée sur la tradition orale, alors que la leur est basée sur la tradition écrite.
Notre poésie rime alors que la leur se regarde!!! Nous sommes sur 2 registres différents...Comment peut on alors communiquer?
Nous avons heureusement eu pour guide quelques chinois rencontrés à Chengdu, notamment Bill (revenu d'Amérique), Eva , Xiao Mei, Patrick et Annie...qui nous ont aidé dans ce grand jeu de piste qu'est la culture chinoise et son écriture... J'ai en réserve un long article sur la langue et les caractères...que j'espère pouvoir vous faire lire bientôt...
Mais si ce paragraphe ressemble un peu à une conclusion, c'est que je ne suis pas sure d'avoir le temps de mettre en forme les quelques idées qu'il me reste encore à partager avec vous...mais bientôt vous les retrouverez peut-être au détour de l'une de nos conversations...la Chine est un pays fascinant, pas toujours facile à vivre, mais dont la découverte apporte beacoup d'idées nouvelles et une grande satisfaction intellectuelle: celle de l'enquêteur qui découvre sans arrêt de nouveaux indices, les rassemble, en tire des conclusions...mais jamais de certitudes puisque dans ce pays les paradoxes sont tels que tout peut être vrai et son contraire également...et tout va si vite qu'une affirmation vraie le matin peut être remplacée par son contraire l'après midi...
La leçon est donc, plus que jamais dans le voyage, de ne pas tirer de conclusions ni faire de généralités! Exercice pour le moins difficile, surtout quand on tient un blog purement subjectif...
Laissez moi vous raconter cette histoire: 3 touristes dans un train en Australie; par la fenêtre, ils voient un mouton noir, de profil, broutant dans un champ. L'un écrit dans son carnet de voyage: en Australie, tous les moutons sont noirs L'autre écrit : en Australie, il y a au moins un mouton noir
Le troisième écrit: en Australie, il y a au moins un mouton dont au moins un côté est noir
A bon entendeur...
Les pandas-pékinois
02:44 - 9/03/2008 - commentaires {0} - Ajouter un commentaireTaoïstes et Maoïstes...
TAOÏSTES... Nous nous rendons en pélerinage, par un beau jour neigeux, à Qing Cheng Shan, le berceau du Taoîsme chinois. Une montagne couverte d'arbres, parcourue d'escaliers (une pensée pour mon Papounet qui les a grimpés en plein mois d'août!) et parsemée de temples patinés par le temps, peuplés de moines, de statues d'immortels et d'êtres mythiques et d'une atmosphère d'encens et de bougies.
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Le petit bac sur le lac au pied de la montagne dans un écrin montagneux
Petits êtres décorant le toit d'un temple.
Sérénité d'un temple troglodyte niché au pied d'une falaise...
Sérénité et calme de la montagne enneigée... qui ne semblent pas toucher les quelques Chinois qui s'y promènent aujourd'hui!
Le silence les met trop mal à l'aise et ils se réconfortent en hurlant
d'un groupe à l'autre, en chantant à tue-tête (la nôtre, de tête!) et
en se raccrochant à leur portable !
Heureusement, comme le téléphérique est arrêté pour l'hiver, seuls les
très courageux qui escaladent les milliers d'escaliers ou les très
riches, qui paient une chaise à porteur, peuvent arriver en haut : les
deux catégories étant très rares en Chine, nous sommes tranquilles !!!
Une petite branche de prunus, qui fleurit en hiver et que les Chinois
adorent car ces fleurs symbolisent la résistance et le nouvel an
chinois!
Ce que nous appellons "Nouvel an chinois" est en fait le Festival du
Printemps : "Cun Jie"... pour les Chinois, d'un naturel optimiste, le
printemps commence donc ce 7 février :étant données les températures,
ce n'est pas gagné !
Mais la jolie Mei Hua (fleur de prunus) y croit, et nous, avec elle!!!
...ET MAOÏSTES...
...pour ceux qui en doutaient ! Maoîstes qui boivent du vin français et mangent du gâteau d'anniversaire au chocolat "Made in Australia", quand même!
Etant donnée la température dans notre appart', la chapka s'impose à toute heure du jour ou de la nuit!
Bon Anniversaire-Sheng Ri Kuai Le 生日快乐
En direct de Sibérie, les pandas-taoïstes et cagous-maoïstes
09:06 - 30/01/2008 - commentaires {1} - Ajouter un commentaireBelles montagnes et ciel bleu !...non, non, nous ne sommes pas encore rentrés dans les Hautes-Alpes, mais avons profité de la venue de nos Calédoniens préférés pour faire une escapade sur les contreforts du Tibet.
Après un choc thermique (passer de 35 degrés à l'ombre à 5 degrés dans la chambre d'hôtel, n'est pas une mince affaire, même avec l'aide de couvertures chauffantes !), ceux-ci se sont rapidement acclimatés, parfaitement dans leur élément à une altitude défiant les sommets bas-alpins !
Nous avions choisi comme destination la fameuse "Vallée des 9 tribus": Jiuzhaigou. Classée au patrimoine naturel de l'Unesco, cette vallée, parsemée de lacs, de cascades et de villages tibétains multicolores est un véritable joyau. En saison touristique, le parc naturel est envahi de hordes de Chinois en tours organisés "descendezdubus-prenezlaphoto-remontezdanslebus", mais en hiver, le parc est très peu fréquenté et nous pouvons marcher dans une nature saupoudrée de neige, en admirant les spectaculaires cascades prises dans les glaces et les lacs multicolores.
Mais laissons parler les images...
Des arbres calcairisés au fond des lacs. C'est la composition minérale de l'eau qui donne ces couleurs magiques!
Il ne fait pas très chaud mais qu'est ce que c'est bon de respirer le bon air pur et de voir le ciel bleu !!!
Turquoise dans un écrin neigeux...
Petit village tibétain
Petite prière tibétaine : un tour de stupa dans le sens inverse aux aiguilles d'une montre et en faisant tourner les Moulins à prières. En bouddhistes avertis vous me direz "mais normalement c'est dans le sens des aiguilles d'une montre !". Mais ici, nous sommes dans la région "Bon", la religion chamanique qui a fusionné avec le Bouddhisme indien pour donner le Bouddhisme tibétain. Ici, on tourne dans le sens inverse !
Banquet tibétain chez une famille très sympathique : ragoût de yack, mouton grillé, pomme de terre cuite sous la cendre, bière d'orge maison... suivi de danses et chants tibétains.
Après Jiuzhaigou, nous allons visiter un autre Parc Naturel classé à l'UNESCO, Huanglong : la vallée du Dragon Jaune. Au pied d'une montagne culminant à 6000m, les méandres d'une rivière d'eau pure ont formé 4 kilomètres de vasques, de cascades et de toboggans de calcaire jaune, qui , vus d'avion serpentent comme un dragon au fond de la vallée.
Le temple Taoïste du Dragon Jaune, construit sur la grotte où le dragon dort... céleste, non?
Les Calédoniens profitent de la neige, pendant que nous nous gorgeons de soleil !
Nous passons également quelques jours à Songpan, une ancienne ville
fortifiée de la dynastie Qing, qui encore maintenant est au carrefour
des routes d'accès au Tibet et aux régions Ouighur de l'extrême Ouest
chinois. Dans ce petit village, nous découvrons un mélange curieux : la
Chine antique est encore présente dans les fortifications, les ponts
couverts et quelques quartiers de maisons traditionnelles de l'époque
Qing.
Le Tibet colore les boutiques de la ville : matelas de laine, drapeaux
de prières, houppelandes de soie doublées de mouton, bijoux et autres
fournitures que les nomades tibétains recherchent, arpentant les rues
dans leurs costumes hauts en couleurs.
Les 3 Tibétains!
Mais ce qui nous donne l'impression d'avoir pénétré dans une autre
Chine, c'est le paysage et la présence des musulmans Ouighur.
Un paysage de désert du Xinjiang, un reste de caravansérail près de l'antique porte ouest, une ambiance d'Asie mineure dans le quartier musulman et mon imagination s'emballe et galope sur la route de la soie... Kashgar, Samarkande, Boukhara... Ces sonorités magiques pleines de promesses... Mais cela sera pour un prochain voyage...
Bien à vous, les pandas et les cagous!
09:30 - 22/01/2008 - commentaires {0} - Ajouter un commentaireUn dimanche à la campagne...Ce dimanche il ne faisait pas trop moche, alors, avec quelques amis, nous avons décidé d'aller en vélo jusqu'à Luo Dai, un petit village pseudo historique en "faux vieux", dont nous avons entendu parler. La balade d'une vingtaine de km sur une petite route de campagne s'annonçait sympathique et bucolique... mais, soit que notre carte soit trop vieille, soit que nous n'ayons su l'interpréter, nous nous retrouvons à...
...traverser des autoroutes 12 voies bordées par de petits jardinets... "mes bons légumes aux hydrocarbures, ma bonne dame, mes choux aux plomb..."
...longer une des zones d'usines de Chengdu
...passer des champs de grues en action...
Les centrales thermiques qui fournissent le courant et le ciel gris toute l'année à la ville de Chengdu...
Le tout sous le regard ébahi des Chinois des banlieues, qui n'ont vraiment pas l'habitude de voir d'étrangers, encore moins à vélo sur l'autoroute !!!
Le long de la "petite route de campagne": 4 voies !!!
Petit espoir anti-pollution : tous les taxis et bus de Chengdu fonctionnent au GPL. Ici, la file d'attente à la station GPL du coin!
Nous arrivons, après 35km (nous avons vraiment du mal à interpréter les cartes chinoises) d'autoroute, dans le petit village de LuoDai, que nous trouvons envahi de touristes, déversés par bus entiers ! Le problème, avec les Chinois, c'est que, non seulement ils sont nombreux, mais en plus ils aiment bien faire tous la même chose au même moment...
... comme, par exemple, se faire prendre en photo dans des endroits " historiques" avec des costumes plus ou moins historiques, mais surtout "cul-cul la praline"
Dans tous les lieux touristiques sont affichées les règles à suivre, le gouvernement espérant "civiliser" les Chinois et faire bonne impression sur les touristes qui viendraient jusqu'ici... 1ère règle : il ne faut pas cracher : c'est effectivement un gros problème en Chine. Les bruits de râles visant à décoller les mucosités, et les auréoles glaireuses projetées sur le parvis peuvent être désagréables pour le touriste étranger. Pour les Chinois, ils font partie du décor quotidien... 2ème règle : ne pas parler fort (les Chinois ne parlent pas, ils crient!) et ne pas passer devant les gens dans les files d'attente (là-aussi, c'est la loi de la jungle, chacun pour soit, le plus culotté devant!)
3ème règle : protèger l'environement... sans commentaire quand on voit
le chemin qui circule dans les collines au-dessus du village, on se
croirait dans un décharge publique! 4ème règle : respecter les reliques historiques... lesquelles? Celles qui ont été construites en 2003 ? 5ème règle : respecter les lieux publics : ne pas les salirs, ni les détériorer. Effectivement, les lieux publics sont en géneral en piteux état ; les Chinois jettent leurs déchets par terre, crachent... Le pire c'est que comme il n'y a pas longtemps qu'il existe des lieux privés, ceux-ci sont aussi dégueulasses !!! 6ème règle : respecter les droits des autres personnes... bon, alors ça, clairement ils ne savent pas faire, et ils n'ont pas dû lire la pancarte. Il est clairement stipulé qu'il ne faut pas forcer les touristes étrangers à poser en photo avec vous... pourtant, Romain a dû poser sur au moins 10 photos !... 7ème règle : être poli... Il est temps de mettre la politesse en valeur... mais peut-être trop tard... que ce soit à cause de la surpopulation ou de l'éducation communiste... ou un peu des deux... la politesse est belle est bien morte en Chine... comme le respect des règles... en fait, comme le Respect, tout court ! la 8ème règle parle de ne pas se laisser aller aux superstitions (=religion bouddhiste), drogues, pornography (=prostitution) jeux d'argent...
Le gouvernement a raison d'édicter les règles mais l'éducation a tellement été négligée qu'il faudra attendre de nombreuses années avant que même les plus basiques de ces règles paraissent logiques aux Chinois ! Mao voulait que son peuple soit constitué de bons paysans travailleurs ; il en a fait des rustres et des incultes !
Heureusement, la plupart des Chinois ne sont pas très sportifs et juste derrière la colline, un petit lac et des sentiers calmes serpentent entre les fermes ! Après 35km d'autoroute et 1h de foule, nous avons bien mérité notre air frais et nos chants d'oiseaux, mais... il faut repartir !!!
Bien à vous, les pandas-grisaille
10:48 - 10/01/2008 - commentaires {1} - Ajouter un commentaireNoël à Emei ShanEmei Shan, pas très loin de Leshan, et à 3h de route de Chengdu, est un site classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco. D'ancienne retraite Taoïste, lors de l'expansion du Bouddhisme en Chine, la montagne devint un site de pélerinage bouddhiste. Des temples, servant à l'hébergement et à la prière des pélerins furent érigés sur le parcours. A l'heure qu'il est, la montagne est surtout le lieu de pélerinage des touristes (chinois comme occidentaux) qui collectionnent les destinations "Unesco". Mais dès que l'on s'éloigne des lieux desservis par les téléphériques (le pélerin moderne n'accepte pas de souffrir/transpirer pour arriver à son but...), et si l'on visite le lieu en plein hiver par temps brumeux, les sentiers sont relativements déserts... et pour cause !
Les plantations du célèbre thé d'Emei Shan
Une des maisons des villages au pied de la montagne : architecture ancienne et technologie moderne !
Prêt à affronter les singes, les marches et le brouillard...
Nous ne verrons que peu de singes, certes agressifs, mais rapidement
dissuadés par une bande de matrones armées de bâtons et de frondes!
En revanche, des marches et du brouillard, nous en verrons plus que nous n'aurions voulu...
Des marches...
du brouillard...
Avec parfois un temple...
... habité par un Bouddha délaissé pendant la saison d'hiver!
Des marches Et du brouillard
De braves paysans locaux montent les matériaux pour les temples : la
construction des escaliers... les travaux de rénovation battent leur
plein en hiver !
Ici, ils portent à deux, un vase à encens de 200 kg, sur 30 km de marches d'escaliers!
C'est comme cela que les temples ont été construits : à dos d'hommes!
Respect pour ces paysans, qui gardent le sourire et la blague aux lèvres, même à la 1000 ème marche !
Le temple moussu, "des arbres vénérables" ...le seul qui ait gardé un cachet et une atmosphère.
On y est presque, après 20 km de montée et 30 km de descente... nos genoux s'en souviendront !
Un ancien pont sur une gorge où bondit un torrent.
Un pavillon moussu et ses ponts jumeaux... c'est bien une photo et non pas une estampe
!!!
Arrivés en bas, bien crevés...
Notre
réveillon de Noël est à peine plus élaboré que celui de l'an dernier
(une pensée pour Mamie Ana qui nous l'avait cuisiné!). Les
réjouissances seront de courte durée ; la fatigue du pélerin nous abat
à 9h sonnantes!!!
JOYEUX NOEL A TOUS
ET BONNE ANNEE 2008Les Pandas-pélerins (Aïe!) 11:28 - 25/12/2007 - commentaires {3} - Ajouter un commentaireUn week end à LeshanLeshan (la montagne du bonheur) est célèbre pour son Bouddha géant : le plus grand Bouddha assis du monde, paraît-il. Un des sites les plus touristiques des alentours de Chengdu. Invités par des amies chinoises, nous allons y passer un week end.
Avec Eva et Claudia, deux amies de Chengdu, nous allons rejoindre Paula, qui habite à Leshan, et va nous servir de guide pendant deux jours.
Visite au grand Bouddha de Leshan...
Une joyeuse équipe!
La tête du fameux Bouddha a été rénovée "plus vraie que nature" pour la visite des membres de l'UNESCO,
il y a quelques années.
En voyant ce que cela donnait, ils ont probablement eut peur que les
chinois ne décident de rénover le reste de la sorte et se sont pressés
de le classer patrimoine mondial !!! Ouf !!!
Pour le bonheur éternel : touchez le nombril de Maitreya, le Bouddha du futur...
difficile pour les petites Chinoises... trop facile pour moi... la prophétie se réalisera-t'elle quand même ?
Les escaliers taillés dans la falaise pour descendre au pied du Bouddha.
Un vrai labyrinthe d'escaliers, de niches où des petits Bouddhas
sculptés entourent leur grand frère et de petites cabanes de méditation
pour les moines des temps anciens.
Aux pieds du Bouddha : les quatre Grâces ?
Comparaison culturelle : j'adore le corps du Bouddha envahi d'herbes et
de mousse, usé par la pluie et le vent. Mes amies le trouvent sale,
vieux et moche ; elles trouvent la tête bien plus belle. Je suis quant
à moi rebutée par l'aspect artificiel de cette dernière, en béton peint
de couleurs "vivantes"!
On remonte par des grottes à flanc de falaise, dominant la rivière tumultueuse.
Soirée Karaoke Les Karaoke (KTV) sont légion en Chine. Les Chinois adorent chanter et se retrouver entre amis dans l'un des salons privés d'un Karaoke à la mode, pour danser, boire et chanter. C'est là l'une de leurs principales sorties. C'est notre premier Karaoke, et un souvenir inoubliable.
Nous trouvons un grand nombre de chansons en anglais, que nous
connaissons plus ou moins et massacrons avec ardeur . Toutes les BO de
films romantiques de notre adolescence y passent : Body Guard, Titanic,
Robin Hood et j'en passe...
On ne maitrise pas toujours les airs, et les sous-titrages, faits par
des Chinois, sont souvent différents des paroles originales, jetant le
doute dans nos esprits déjà embrouillés!
Romain reçoit un Oscar à l'unanimité de nos copines pour sa prestation
dans la chanson de Top Gun, qu'il ne connaît pas mais récite d'une voix
de stentor, qui fait très bien illusion, sur fond de violons sirupeux...
de toutes façon, elles se ressemblent toutes ces chansons!!!
Heureusement, la présence dans la liste de "Tears in Heaven de Clapton"
et de "Comme toi de Goldman" (traduit en chinois, je vous jure!!!),
nous permet quand même de chanter une chanson entière avec le bon
air et les bonnes paroles!
Dédicace spéciale à Vincent et Weila : je chante Kan Guo Lai, chanson chinoise apprise avec eux en NC...
heureusement, j'ai le soutien de choristes dévouées!
Je me lance aussi sur 不怕不怕, une version chinoise du tube russe (noumanoumaye) de l'an dernier... je connais l'air et...
vous allez être épatés : j'arrive à lire les sous-titres... enfin, la plupart !
C'est vrai que le KTV, pour la pratique de la lecture des caractères
chinois, c'est souverain ! De plus, comme la plupart des chanteurs sont
Taiwanais ou Hong-Kongais, les sous-titres sont en chinois ancien... ça
complique encore !!!
Le lendemain ; visite de la falaise aux 1000 Bouddhas
Avec le sourire, malgré le peu de sommeil !
La falaise aux 1000 Bouddhas (il y en a, en fait, plus de 3000), sculptés dans le magnifique roc rouge de la région.
Le buddha et Guanyin, un bodisvatta (presque Bouddha) féminin, associée
à la mer de Chine du Sud et personnage très important du culte
principal des Bouddhistes chinois.
Une soeur de la Iemanja brésilienne et de la déesse de la mer indonésienne ?
Une assemblée de Bouddhas... malheureusement, beaucoup de têtes ont été cassées.
Les locaux disent qu'elles ont été volées pour être revendues... mais
le côté systématique de la destruction, même sur de petites pièces me
laisse pensive... la Révolution Culturelle serait-elle passée par là ?
Impossible d'avoir de confirmation...
Tout le monde semble croire fermement à l'hypothèse du vol...
A midi, nous nous arrêtons dans un petit restaurant tranquille, au bord de la rivière.
Nous commandons un poulet : la cuisinière va l'attraper dans le champs voisin, le bon poulet biologique et frais !
Un vrai régal, cuisiné aux légumes du jardin... vraiment, le bonheur est dans le pré !
Après ce bon week end plein d'amitié et de découvertes, nos amies
retournent à Chengdu et nous allons vers d'autres aventures. Un autre
grand site touristique nous attend : EmeiShan.
Dédicace à nos amies chinoises:
谢谢 Penpen, Eva and Claudia.
Les Pandas-rois du karaoke!!!
09:36 - 25/12/2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaireLe Temple bouddhiste de Wenshu.
Après ces deux articles peu optimistes, je veux vous montrer un bel aspect de la Chine : après le temple Zen de Daci et le temple Taoiste de la Chèvre verte, voici un autre temple, bouddhiste également, celui de Wenshu.
Tout en photos pour vous reposer de mon bla-bla !!!
La cour du temple : une petite prière avant d'aller se promener dans les jardins et de profiter du restaurant et de la maison de thé ?
La pagode aux 1000 bouddhas.
Balayer, balayer : les feuilles de Gingko dorées, c'est joli, mais par terre, ça fait désordre!
Un monstre bien sympathique garde la pagode aux 1000 bouddhas
Drôle de tête... tu ne serais pas une chimère, toi ?
La maison de thé est désertée à cause du froid.
Nous nous réfugions dans un petit pavillon pour boire un thé et discuter.
Les bols à thé typique du Sichuan, avec leur petit couvercle pour garder la boisson chaude
et écumer les feuilles de thé avant de boire.
Jacques et Adeline, nos amis chinois, qui étudient le français.
Discussion autour d'une tasse de thé
Tradition de thé sichuanaise : la chaise en bambou et le bol avec couvercle.
Ajoutez quelques vieilles personnes, un jeu de majong et les petits
enfants qui jouent tout autour et vous aurez une idée de la tradition
des maisons de thé du Sichuan.
Un art de vivre et de ne pas trop s'agiter !
Il y a 5 ans, il y avait plus de 30 maisons de thé à Chengdu. Elles ne sont plus que 3 !
Le Pavillon de la longévité : sous le pont nagent les tortues, symbole de longévité
et sur le pont, les personnes âgées du quartier devisent...
Paix et tranquillité... vous comprenez à quel point elles sont précieuses, maintenant ?
Les Pandas-buveurs de thé
08:31 - 18/12/2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaireUn automne Zen...(Petit commentaire esthétique : lisez cet article sur fond rouge pour mieux l'apprécier. Il est possible de changer la couleur de fond en cliquant sur le bouton correspondant à droite de la page de blog)
Le soleil sur les Gingkos (arbres omniprésents à Chengdu) en robes dorées, donne au temple Zen de Daci une atmosphère hors du temps.
Il fait bon s'y promener en oubliant le vacarme de la ville.
A la porte du temple : les grands centres commerciaux bourrés de jeunes
Chinois pleins d'espoir en l'avenir. Un avenir qu'ils veulent "à
l'américaine" :voiture, home cinema, fringues de marque, téléphone
dernier cri...
Une jeune Chinoise moderne, habillée à la mode, vient déposer des encens. Vient-elle demander une faveur ou est-ce par réelle dévotion?
A l'heure qu'il est, les jeunes Chinois opèrent un retour vers les religions, qui se traduit malheureusement souvent par une imitation des rituels sans compréhension profonde. Retour à la spiritualité difficile...
Petite note historique
Un de nos amis, trentenaire originaire de Chengdu, nous raconte que pendant l'enfance de sa mère, le temple millénaire de Daci était peuplé de plusieurs milliers de moines et s'étendait sur plus de 20km, depuis l'endroit où s'élèvent actuellement les centres commerciaux, jusqu'à la campagne, qui n'est maintenant plus que banlieues grises et champs de grues! Avec un sourire ironique il nous dit que pendant la "grande" révolution culturelle, le temple a été entièrement détruit. Ce que l'on visite actuellement n'est qu'une pâle reconstitution réduite à quelques pavillons et maisons de thé, construite il y a 5 ans et que les panneaux explicatifs, traduits en anglais, s'évertuent à antédater : tel pavillon aurait été construit sous les Ming, tel autre serait l'oeuvre des Qing... L'observateur, malgré toute sa bonne volonté, ne peut se laisser duper par ces toits de béton recouverts de fausses tuiles anciennes, ces statues de stuc créées à la chaîne par des artisans n'ayant plus aucune ferveur religieuse et l'aspect général de ces pavillons, trahissant la construction à la hâte, symptôme de la société chinoise moderne.
Le gardien de l'entrée du temple. Pur stuc !
Heureusement, malgré tout ce qui sonne faux une atmosphère demeure, grâce à la nature, aux bougies, au calme et à la lenteur, si rares en Chine...
Ici, on prend le temps : la fumée des encens et les flammes de bougie,
le son des gongs saluant les fidèles qui se prosternent participent
d'un instant totalement "Zen", au sens religieux, comme au sens
"vulgarisé" par notre langage quotidien.
Il fait bon déambuler en observant la vie civile et profane qui s'y déroule.
Ici, deux moines Zen (Chan, en Chinois) en pleine discussion.
Qui semble avoir compris le sens de la vie? Les Bouddhas dorés ou les Madones rouges ?
Je ne sais pas vous, mais moi, entre ce jovial Bouddha ventripotent et
notre Jésus torturé, je n'hésiterais pas un instant...
Ambiances de lumières...
Mais quelle est cette rumeur venant de l'un des bâtiments annexes du temple ?
Les personnes âgées s'y réfugient pour perpétuer une tradition typiquement Sichuanaise : boire du thé et jouer au Majhong.
Nous nous joignons à ces "épicuriens-zen", le temps d'un repas, profitant du rare soleil d'hiver sous la tonnelle.
La foule défile près de notre table en commentant notre menu ; tous
sont très surpris de nous voir manger le "Mapo Doufu", plat typique et
extrêmement épicé!!!
En direct du pays des gingko dorés,
Les Pandas-Zen
08:56 - 8/12/2007 - commentaires {1} - Ajouter un commentaireUn automne Taoiste...Petit conseil esthétique : lisez cet article avec un fond rouge !
Ayant passé un après-midi très agréable dans le temple Zen de Daci, je décide d'aller voir si les Ginkgos sont aussi beaux chez les Taoïstes.
Je me rends au temple de la Chèvre verte, sanctuaire taoïste et clou du circuit touristique que nous offrons à nos visiteurs ! Le Panda-marmouset ayant décliné une 4ème visite (en prévision de celle prévue courant janvier !), j'embarque donc une équipe multiethnique (2 Sri-lankais, 2 Népalaises et un Burundais) et pluridiscuplinaire (2 chercheurs en Boudhisme, 2 infirmières et un businessman) afin de m'aider dans mon enquête.
United colors of ma classe de chinois
Je suis gâtée : il y a encore plus de Gingkos que dans le temple Zen... et en ce samedi après-midi, l'affluence, les bougies et le froid font régner comme une ambiance de Noël !!!
Vert, rouge et or... des couleurs de Noël traditionnel! Ambiance d'automne lumineux
Le mur taoïste, sur lequel sont gravés trois caractères qui signifient (de gauche à droite) : richesse, longévité et bonheur. Le but du jeu est de s'avancer les yeux fermés vers le mur. Si l'on arrive à toucher un caractère, on obtiendra ce qu'il désigne. Comme dit l'un de mes compagnons : " Il vaut mieux viser le bonheur, car si tu obtiens la longévité mais que tu es malheureux, c'est la galère! "
Sur cette sagesse, je clos le chapitre "Automne Zen et Taoïste", et plonge dans le prosaïque pour vous annoncer qu'en ce moment, c'est la saison des saucissons à Chengdu (je ne voulais quand même pas faire un article rien que pour ça... mais c'est d'une importance capitale !!!)
La preuve par l'image :
Taoïstement vôtres,
Les Pandas-immortels
10:38 - 7/12/2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaireHuanlongxi, la ville du Dragon de feuPetite escapade par un dimanche ensoleillé... le soleil semble pointer son nez frileux plus fréquemment (disons une fois par semaine), au fur et à mesure que l'hiver s'installe. Cela nous donne bon espoir pour les visiteurs du mois de janvier !
Nous prenons donc le bus direction Huanglongxi, un petit village historique (lire : en "faux vieux") à 1h de route au sud de Chengdu.
Le bus traverse la banlieue sud de Chengdu, aussi appelée "High Tech Zone". En effet, nous apercevons des bâtiments tout droit sortis de la guerre des étoiles : coupoles de verre, tours d'acier...
Pour l'instant, c'est surtout un immense champ de grues. Poclain a dû
faire fortune !...A moins que ça ne soit la copie de leur usine
chinoise !
Curieusement, cependant, nous sortons assez vite de la ville et des chantiers, pour arriver dans une campagne aux couleurs d'automne.
![]() Huanlongxi : la ville du dragon de feu, dont la rue principale ondule le long du fleuve comme un animal fantastique.
La petite ville se trouve au confluent de 3 rivières, ce qui en faisait un haut lieu de commerce du temps où les rivières étaient encore naviguées. Actuellement, elle est surtout connue pour ses petites rues à l'ancienne, ses banyans millénaires et ses temples parfumés d'encens.
La ville des banyans millénaires et des temples colorés
Petit gué traditionnel pour traverser la rivière (à sec!) au son du
"Erhu" (petite viole chinoise à 3 cordes) qu'un vieil homme fait gémir
au bord de l'eau...
Le rendez-vous des 成都人 Chengdu Ren ( habitants de Chengdu) : sortie en famille du week-end. Respirer un peu d'air frais, voir la campagne, faire un tour a cheval (ou en ULM), jouer à la kermesse, se déguiser avec des couronnes de fleurs fraîches et des robes de la dynastie Ming...
...manger au resto l'une des spécilalités locales : le tofu frais pressé à la meule de pierre, le poisson en sauce pimentée et les écrevisses frites...
...et se prélasser dans une des nombreuses maisons de thé, symbole d'un
art de vivre noyé depuis longtemps dans le bouillonnement de la Chine
moderne, en sirotant un 花茶 (thé au jasmin) et en jouant au Majhong...
![]() ![]()
Quelques personnes vivent encore dans ce petit village-musée, et les
plus âgées d'entre elles se livrent à des activités
traditionnelles : le calligraphe de rue, le fabricant de cages
d'oiseaux, les petits vendeurs...
Le quai, où étaient embarquées les marchandises... maintenant, on y embarque des passagers dans des bateaux à moteur spécialisés dans les embardées et les vrombissements, pour fournir à leurs passagers les émotions fortes qu'ils ont payées ! Où sont les tranquilles jonques d'antan ?
Il en reste quelques spécimens, qui promènent les touristes jusqu'au temple...
Le temple est à une petite demi-heure du village, par une petite route à travers champs et villages agricoles.
Nous profitons de cette petite marche pour aérer nos poumons,
respirer, tendre nos visages vers le soleil, nous émerveiller devant la
moindre araignée, la moindre scène champêtre...
C'est alors que nous nous apercevons que tout cela nous manquait terriblement!
Les bottes de soja sèchent avant que les graines n'en soient passées à la meule pour faire du Tofu (fromage de lait de soja)
Au temple, nous retrouvons les touristes chinois, venus en bateau.
Mais pourquoi cette activité intensive autour des bacs à encens et bougies?
Voilà le destinataire de toutes ces attentions : le buddha géant, Dafo.
Les Chinois pensent qu'au plus grand le cierge, aux plus généreuses les
faveurs du Boudha... et aux plus de péchés rachetés!
Il paraît que, dans certains temples, les moines ont été obligés de limiter à 2m la hauteur des cierges !!!
Nous fuyons vite cette activité frénétique et les attentions un peu trop envahissantes des Chinois, dont certains viennent de petites villes alentours et n'ont jamais vu d'étrangers!!!
Décidemment... le bonheur est dans le pré...
Champêtrement vôtres,
les Pandas des champs
09:49 - 19/11/2007 - commentaires {2} - Ajouter un commentaireXi'an, la musulmaneA Xi'an, ce qui déplace les foules, ce sont la terracotta des guerriers et le marbre des stèles... nous trouvons, quant à nous, notre bonheur dans des matières un peu moins nobles... C'est dans les petites ruelles animées du quartier musulman que nous attendent ces régals prosaïques : brochettes et ragoûts de mouton, pâtes fraiches, pâtisseries, fruits secs. Délice des yeux et des papilles!!!
Il est beau mon agneau... brochettes, méchoui, ragoût...
La pierrade locale : de la bonne viande, des légumes marinés dans le miel, saisis sur le grill et trempés dans une sauce cacahuètes-cumin MMMMH... on vous fera goûter en rentrant!!!
Noix dorées et croustillantes... séchées au feu de bois !
Petites galettes de farine de maïs cuites à la vapeur dans des petits moules en bois et servies avec votre choix de confiture, poudre de cacahuète ou graines de sésame...
Biscuits de pâte de pois chiches aux fruits secs... ça sonne bizarre, mais c'est bon... enfin, disons... Romain aime bien... quant à moi, un peu refroidie par le goût de "pâte crue", je me rabats vers des délices plus classiques...
...petits gâteaux en tous genres... et même des bugnes, le gâteau traditionnel du mois de février... en Chine comme en France, quelle étrange coïncidence!!!
Les Musulmans de Xi'an sont de l'Ethnie Hui, à ne pas confondre avec les autres Musulmans de Chine, l'ethnie des Ouigours, qui réclament l'indépendance de leur province, le Xinjiang, aux confins du Tibet et de la Mongolie. Ces frontières éloignées sont toutes des Provinces Autonomes et leurs langues, cultures et personnalités s'incrivent plus dans l'Asie Centrale et la steppe sibérienne que dans la Chine des "Han" (ethnie dominante en Chine).
Les Hui (prononcer "roui"), en revanche, sont les descendants des Musulmans installés en Chine depuis les temps immémoriaux de la route de la soie. Leur physique est tout à fait chinois (un rien plus rebondi, du fait que les Chinois n'ont pas, normalement, le goût pour les pâtisseries et autres grignotages sucrés!). Ils parlent parfaitement le mandarin (mieux, d'ailleurs que les habitants de Chengdu, dont l'accent zozotant est parfois déroutant) et sont tout à fait intégrés à la société chinoise (en cela qu'ils commercent à tout va!)
Le bazar autour de la mosquée, digne d'Istanbul... mais marchandises purement chinoises et à destination des touristes : calligraphies, petits livres rouges traduits dans toutes les langues, soie, baguettes... le tout à des prix environ dix fois supérieurs à ceux pratiqués à Chengdu... c'est ce qu'on appelle "inflation touristique"!
La grande mosquée, ayant résisté par miracle (ou grâce à des Musulmans influents et aux poches bien remplies?!) à la révolution culturelle, est un havre de paix, loin des foules et de l'activité incessante de la ville.
Rencontre entre mosquée andalouse et temple taoïste, l'enfilade de jardins, les pavillons moussus et le hall de prière de bois sculpté donnent un sentiment de sérénité et de vénérabilité, comme je n'avais jamais ressenti devant un monument en Chine.
Un pavillon tout à fait chinois, abritant une stèle, en arabe, écrite par le premier imam de la mosquée
Mélange de style réussi !!! Ambiance...
Bilan de notre escapade à Xi'an : nous nous sommes aperçu que les gens de Chengdu parlent vraiment le mandarin avec un accent impossible, et sommes rassurés sur notre capacité de compréhension du chinois. En revanche, nous n'échangerions pour rien au monde la bonhommie et la gentillesse de nos Sichuanais... et leur cuisine épicée! Sans parler du brouillard permanent de Chengdu, qui, à côté de la pollution de Xi'an, nous fait l'effet d'un bol d'air !!!
Du haut de la Pagode de l'Oie sauvage : vue imprenable sur... le nuage de brouillard et de pollution!
Le climat de toute la Chine de Chengdu à Pekin et de Xian à Shangai, semblerait-il !
Quant aux petites douceurs au miel et aux noix... il vaut mieux pour ma ligne qu'elles soient à 800 km d'ici et que les "grignotages" Sichuanais (à base de tofu fumé, piment et patates douces) soient beaucoup moins tentants pour mes papilles de fourmi !!!
A bientôt pour une tranche de vie Chengduienne...
D'ici là , Inch Allah
Les PandA Libaba
08:15 - 13/10/2007 - commentaires {2} - Ajouter un commentaireXi'an, promenades historiquesXi'an; "Paix de l'Ouest"...peut-on trouver nom plus mal choisi pour un lieu qui vit batailles, luttes de pouvoirs, tyrannie, changements de dynasties pendant plus de 2 millénaires ?
Somptueux palais impériaux, érigés par les dynasties qui se sont succédé |