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Un crochet par Pékin...Sur le chemin du retour nous passons quelques jours à Pékin: des gens à rencontrer et des lieux à visiter... En 3 jours, nous n'avons qu'une impression furtive de cette ville tentaculaire...un ciel bleu comme nous n'en avions vu depuis si longtemps suffit à nous la rendre sympathique, et ce, malgré la circulation (beaucoup plus organisée qu'à Chengdu car les pékinois s'arrêtent aux feux!) et la pollution qui forme un halo sur la ville.
Ses habitants, en revanche, nous font moins bonne impression: il nous faut à 2 reprises entrer dans de longues palabres pour éviter l'arnaque...et je ne vous parle pas de shopping dans des lieux touristiques, non: je vous parle de manger une soupe au coin de la rue!!! Nous nous félicitons de savoir lire le chinois, car cela nous permet de dire "ben non, le prix c'est écrit là!"...ce qui bien sûr les sidèrent. Sidérés, aussi, les gens à l'arrêt de bus, quand nous lisons les panneaux d'information écrits uniquement en chinois!!! Et nous: heureux de pouvoir nous débrouiller "comme des grands", alors qu'il y a seulement quelques mois nous ne comprenions rien, ni à ce qui était écrit, ni au fonctionnement de la société! La moralité de ce court séjour dans une ville inconnue: un cours de chinois est indispensable pour la survie en Chine, et plus particulièrement à Pékin!
Sur ce, j'ai une pensée pour tous les pauvres touristes innocents qui vont débarquer en aout 2008!!! ...sauf si le gouvernement déclare la peine de mort pour tout commerçant qui arnaque un touriste (ils en seraient capables!)
Heureusement, il existe à Pekin des gens honnêtes: les musulmans du hutong où nous vivons, par exemple...
Un hutong, ces petites allées étroites du vieux Pékin, qui conservent, outre des maisons traditionelles avec leur cours intérieure et des petits palais de mandarins rénovés, une atmosphère de vie traditionelle: marché, marchands ambulants, circulation à 2 roues, puisque les voitures y sont interdites...
Notre hotel dans une maison traditionelle organisée sur 2 étages autour de la cours intérieure.
Nous sommes heureux d'y trouver une chambres isolée et chauffée par de vrais radiateurs (contrairement à notre appart' de Chengdu), ainsi que la chaleur humaine des rencontres avec d'autres voyageurs autour du brasero de la cours intérieure.
Comme toutes les grandes ville chinoises, Pékin ensevelit la tradition sous une modernité "bling bling"
(il parait que c'est un mot à la mode en France!)
Même pas en heure de pointe, sur le périph' numéro 1 (il y en a 4)!!!
Après nous être imprégné de l'ambiance de la rue et avoir rencontré amis et contacts professionnels, il ne nous reste qu'une journée pour "faire du tourisme"...devinez ce que nous choisissons de faire?
Eh bien, j'aurais aimé montrer plus d'originalité, mais non: nous sommes allés voir la fameuse cité interdite!!! En même temps il aurait été dommage de rater cela: la cité interdite et la place Tian An Men sont depuis quelques centaines d'années le coeur de la Chine. Ici l'on comprend beaucoup de choses sur le pays...à moins que ça soit quand on connait le pays qu'on comprend beaucoup de choses sur ce lieu...
La densité militaire (3 milices différentes: les verts, les marrons et les bleus) sur la place Tian An Men ("La porte de la paix celeste"...l'histoire a de l'humour!!!)
L'ambiance "aseptisée": ici un crachat est sévèrement puni...de toutes façon QUI oserait cracher face au mausolée de Mao?
Certainement pas les paysans des provinces les plus reculées que le gouvernement amène à Pékin afin qu'ils viennent honorer le grand timonier...sinon, le mausolé serait vide de visiteurs...qui maintenant viendrait le voir à moins qu'il n'y ai une opportunité de "shopping à la capitale" à la clé???
Tiziano Terzani, dans "Behind the forbiden door" a écrit: " Au coeur du coeur de la Chine git un cadavre que personne n'ose enlever"
Vrai au sens propre : la momie embaumée de Mao git toujours au centre de la place Tian An Men...pour instiller une peur superstitieuse ou pour donner une preuve de ce qu'il était hors du commun?
Et au figuré: personne n'ose admettre l'erreur que le peuple chinois a fait en suivant le grand timonier et le gouvernement s'obstine à "sauver la face" (notion primordiale dans la culture chinoise) en pronant un socialisme "à la chinoise" qui n'est autre qu'un hyper-capitalisme!!!
Deng Xiaoping avait réussit à "sauver la face" du peuple chinois en proclamant que
"Mao avait raison à 75% et tort à 25%"
L'exorcisme n'ira pas plus loin car tant de gens y ont cru et pris part au pire durant ces années...
Les chinois s'interressent à leur histoire ancienne, celle des empereurs, éloignée et glorieuse...les feuilletons télévisés sur leurs empereur-héros sont légion, ainsi que ceux sur les gentils chinois en lutte contre les méchants japonais...de ce qui s'est passé après, personne ne veut en parler, personne de veut le savoir.
...quand, à la falaise des 1000 buddhas, mon amie me dit que les têtes ont été détruites pour être revendues et que je lui demande si ce n'est pas plutôt durant la révolution culturelle, elle nie en bloc: le coupable, c'est l'argent...
...quand, une de mes amies américaines propose à sa colocataire chinoise de lire un livre, interdit en Chine, sur la période communiste, elle refuse : "l'histoire ne m'interresse pas"...
Trop dangereux?
Trop destabilisant?
Est-ce que le gouvernement n'est-il pas en train de créer une immense névrose en enfouissant tant de haines et de souffrance dans l'inconscient collectif? Un inconscient collectif de 1.3milliards...ça peut faire mal, au réveil!!!
Toujours dans les métaphores...le pavillon central de la cité interdite est en chantier: rénovation pour faire bonne impression lors des JO...comme tout le reste du pays!!!
L'intérieur de cette cité interdite, bien qu'un peu trop aseptisé à notre goût, recèle, dans les quartiers d'habitation, des petits trésors de courettes et des corridors aux fenêtres ouvragées qui scultent les rayons de soleil.
Dans les salles aux trésors, de belles pièces...dont la grandiloquence me séduit moins que les objets de la vie courante finement travaillés vus au musée de Chengdu et appartement à une époque plus ancienne et moins "bling bling" (j'adore ce mot!)
Petit pavillon dans les superbes jardins de la cité interdite...
Vue de la colline sur la cité interdite...
Une autre vue, toute métaphorique: on y voit la cité interdite, symbole du passé, à gauche. Derrière au centre (peu visibles) les bâtiments "staliniens" du gouvernement actuel et à droite, le dôme rutilant de l'opéra...le futur???
Ville tentaculaire dont les hautes tours s'étendent à perte de vue dans toutes les directions
A la fois dense et aérée
A la fois moderne et traditionnelle
A la fois hystérique et zen
A la fois stricte et bordélique
A la fois agréable et stressante
Mais il n'est pas assez de 3 jours pour en lister tous les paradoxes
Comme il n'est pas assez de 8 mois pour comprendre la Chine...pas assez d'une vie d'Occidental pour cerner les règles mouvantes qui régissent cette société si différente, plongeant ses racines dans un terreau culturel totalement isolé du judéo- christianisme.
Des règles de vie qui, comme leur règles de language, ne sont pas figées et s'adaptent à la situation, au statut des interlocuteurs, à leur histoire commune et à tous ces autres paramètres que seul un être éduqué à cette sensibilité particulière peut comprendre... Dans cette société où tout ce joue "à l'oreille", l'occidental, qui attend des règles claires et identiques quelque soit la situation, perd ses repères. Dans cette société où tout est symbole, la signification d'un caractère peut en cacher des dizaines d'autres, les jeux de mots, symboles et superstitions structurent la culture et les traditions. Je suis convaincue que l'une des différences fondamentales entre nos deux cultures et que la notre est ancestralement basée sur la tradition orale, alors que la leur est basée sur la tradition écrite.
Notre poésie rime alors que la leur se regarde!!! Nous sommes sur 2 registres différents...Comment peut on alors communiquer?
Nous avons heureusement eu pour guide quelques chinois rencontrés à Chengdu, notamment Bill (revenu d'Amérique), Eva , Xiao Mei, Patrick et Annie...qui nous ont aidé dans ce grand jeu de piste qu'est la culture chinoise et son écriture... J'ai en réserve un long article sur la langue et les caractères...que j'espère pouvoir vous faire lire bientôt...
Mais si ce paragraphe ressemble un peu à une conclusion, c'est que je ne suis pas sure d'avoir le temps de mettre en forme les quelques idées qu'il me reste encore à partager avec vous...mais bientôt vous les retrouverez peut-être au détour de l'une de nos conversations...la Chine est un pays fascinant, pas toujours facile à vivre, mais dont la découverte apporte beacoup d'idées nouvelles et une grande satisfaction intellectuelle: celle de l'enquêteur qui découvre sans arrêt de nouveaux indices, les rassemble, en tire des conclusions...mais jamais de certitudes puisque dans ce pays les paradoxes sont tels que tout peut être vrai et son contraire également...et tout va si vite qu'une affirmation vraie le matin peut être remplacée par son contraire l'après midi...
La leçon est donc, plus que jamais dans le voyage, de ne pas tirer de conclusions ni faire de généralités! Exercice pour le moins difficile, surtout quand on tient un blog purement subjectif...
Laissez moi vous raconter cette histoire: 3 touristes dans un train en Australie; par la fenêtre, ils voient un mouton noir, de profil, broutant dans un champ. L'un écrit dans son carnet de voyage: en Australie, tous les moutons sont noirs L'autre écrit : en Australie, il y a au moins un mouton noir
Le troisième écrit: en Australie, il y a au moins un mouton dont au moins un côté est noir
A bon entendeur...
Les pandas-pékinois
02:44 - 9/3/2008 - commentaires {0} - Ajouter un commentaireTaoïstes et Maoïstes...
TAOÏSTES... Nous nous rendons en pélerinage, par un beau jour neigeux, à Qing Cheng Shan, le berceau du Taoîsme chinois. Une montagne couverte d'arbres, parcourue d'escaliers (une pensée pour mon Papounet qui les a grimpés en plein mois d'août!) et parsemée de temples patinés par le temps, peuplés de moines, de statues d'immortels et d'êtres mythiques et d'une atmosphère d'encens et de bougies.
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Le petit bac sur le lac au pied de la montagne dans un écrin montagneux
Petits êtres décorant le toit d'un temple.
Sérénité d'un temple troglodyte niché au pied d'une falaise...
Sérénité et calme de la montagne enneigée... qui ne semblent pas toucher les quelques Chinois qui s'y promènent aujourd'hui!
Le silence les met trop mal à l'aise et ils se réconfortent en hurlant
d'un groupe à l'autre, en chantant à tue-tête (la nôtre, de tête!) et
en se raccrochant à leur portable !
Heureusement, comme le téléphérique est arrêté pour l'hiver, seuls les
très courageux qui escaladent les milliers d'escaliers ou les très
riches, qui paient une chaise à porteur, peuvent arriver en haut : les
deux catégories étant très rares en Chine, nous sommes tranquilles !!!
Une petite branche de prunus, qui fleurit en hiver et que les Chinois
adorent car ces fleurs symbolisent la résistance et le nouvel an
chinois!
Ce que nous appellons "Nouvel an chinois" est en fait le Festival du
Printemps : "Cun Jie"... pour les Chinois, d'un naturel optimiste, le
printemps commence donc ce 7 février :étant données les températures,
ce n'est pas gagné !
Mais la jolie Mei Hua (fleur de prunus) y croit, et nous, avec elle!!!
...ET MAOÏSTES...
...pour ceux qui en doutaient ! Maoîstes qui boivent du vin français et mangent du gâteau d'anniversaire au chocolat "Made in Australia", quand même!
Etant donnée la température dans notre appart', la chapka s'impose à toute heure du jour ou de la nuit!
Bon Anniversaire-Sheng Ri Kuai Le 生日快乐
En direct de Sibérie, les pandas-taoïstes et cagous-maoïstes
09:06 - 30/1/2008 - commentaires {1} - Ajouter un commentaireBelles montagnes et ciel bleu !...non, non, nous ne sommes pas encore rentrés dans les Hautes-Alpes, mais avons profité de la venue de nos Calédoniens préférés pour faire une escapade sur les contreforts du Tibet.
Après un choc thermique (passer de 35 degrés à l'ombre à 5 degrés dans la chambre d'hôtel, n'est pas une mince affaire, même avec l'aide de couvertures chauffantes !), ceux-ci se sont rapidement acclimatés, parfaitement dans leur élément à une altitude défiant les sommets bas-alpins !
Nous avions choisi comme destination la fameuse "Vallée des 9 tribus": Jiuzhaigou. Classée au patrimoine naturel de l'Unesco, cette vallée, parsemée de lacs, de cascades et de villages tibétains multicolores est un véritable joyau. En saison touristique, le parc naturel est envahi de hordes de Chinois en tours organisés "descendezdubus-prenezlaphoto-remontezdanslebus", mais en hiver, le parc est très peu fréquenté et nous pouvons marcher dans une nature saupoudrée de neige, en admirant les spectaculaires cascades prises dans les glaces et les lacs multicolores.
Mais laissons parler les images...
Des arbres calcairisés au fond des lacs. C'est la composition minérale de l'eau qui donne ces couleurs magiques!
Il ne fait pas très chaud mais qu'est ce que c'est bon de respirer le bon air pur et de voir le ciel bleu !!!
Turquoise dans un écrin neigeux...
Petit village tibétain
Petite prière tibétaine : un tour de stupa dans le sens inverse aux aiguilles d'une montre et en faisant tourner les Moulins à prières. En bouddhistes avertis vous me direz "mais normalement c'est dans le sens des aiguilles d'une montre !". Mais ici, nous sommes dans la région "Bon", la religion chamanique qui a fusionné avec le Bouddhisme indien pour donner le Bouddhisme tibétain. Ici, on tourne dans le sens inverse !
Banquet tibétain chez une famille très sympathique : ragoût de yack, mouton grillé, pomme de terre cuite sous la cendre, bière d'orge maison... suivi de danses et chants tibétains.
Après Jiuzhaigou, nous allons visiter un autre Parc Naturel classé à l'UNESCO, Huanglong : la vallée du Dragon Jaune. Au pied d'une montagne culminant à 6000m, les méandres d'une rivière d'eau pure ont formé 4 kilomètres de vasques, de cascades et de toboggans de calcaire jaune, qui , vus d'avion serpentent comme un dragon au fond de la vallée.
Le temple Taoïste du Dragon Jaune, construit sur la grotte où le dragon dort... céleste, non?
Les Calédoniens profitent de la neige, pendant que nous nous gorgeons de soleil !
Nous passons également quelques jours à Songpan, une ancienne ville
fortifiée de la dynastie Qing, qui encore maintenant est au carrefour
des routes d'accès au Tibet et aux régions Ouighur de l'extrême Ouest
chinois. Dans ce petit village, nous découvrons un mélange curieux : la
Chine antique est encore présente dans les fortifications, les ponts
couverts et quelques quartiers de maisons traditionnelles de l'époque
Qing.
Le Tibet colore les boutiques de la ville : matelas de laine, drapeaux
de prières, houppelandes de soie doublées de mouton, bijoux et autres
fournitures que les nomades tibétains recherchent, arpentant les rues
dans leurs costumes hauts en couleurs.
Les 3 Tibétains!
Mais ce qui nous donne l'impression d'avoir pénétré dans une autre
Chine, c'est le paysage et la présence des musulmans Ouighur.
Un paysage de désert du Xinjiang, un reste de caravansérail près de l'antique porte ouest, une ambiance d'Asie mineure dans le quartier musulman et mon imagination s'emballe et galope sur la route de la soie... Kashgar, Samarkande, Boukhara... Ces sonorités magiques pleines de promesses... Mais cela sera pour un prochain voyage...
Bien à vous, les pandas et les cagous!
09:30 - 22/1/2008 - commentaires {0} - Ajouter un commentaireUn dimanche à la campagne...Ce dimanche il ne faisait pas trop moche, alors, avec quelques amis, nous avons décidé d'aller en vélo jusqu'à Luo Dai, un petit village pseudo historique en "faux vieux", dont nous avons entendu parler. La balade d'une vingtaine de km sur une petite route de campagne s'annonçait sympathique et bucolique... mais, soit que notre carte soit trop vieille, soit que nous n'ayons su l'interpréter, nous nous retrouvons à...
...traverser des autoroutes 12 voies bordées par de petits jardinets... "mes bons légumes aux hydrocarbures, ma bonne dame, mes choux aux plomb..."
...longer une des zones d'usines de Chengdu
...passer des champs de grues en action...
Les centrales thermiques qui fournissent le courant et le ciel gris toute l'année à la ville de Chengdu...
Le tout sous le regard ébahi des Chinois des banlieues, qui n'ont vraiment pas l'habitude de voir d'étrangers, encore moins à vélo sur l'autoroute !!!
Le long de la "petite route de campagne": 4 voies !!!
Petit espoir anti-pollution : tous les taxis et bus de Chengdu fonctionnent au GPL. Ici, la file d'attente à la station GPL du coin!
Nous arrivons, après 35km (nous avons vraiment du mal à interpréter les cartes chinoises) d'autoroute, dans le petit village de LuoDai, que nous trouvons envahi de touristes, déversés par bus entiers ! Le problème, avec les Chinois, c'est que, non seulement ils sont nombreux, mais en plus ils aiment bien faire tous la même chose au même moment...
... comme, par exemple, se faire prendre en photo dans des endroits " historiques" avec des costumes plus ou moins historiques, mais surtout "cul-cul la praline"
Dans tous les lieux touristiques sont affichées les règles à suivre, le gouvernement espérant "civiliser" les Chinois et faire bonne impression sur les touristes qui viendraient jusqu'ici... 1ère règle : il ne faut pas cracher : c'est effectivement un gros problème en Chine. Les bruits de râles visant à décoller les mucosités, et les auréoles glaireuses projetées sur le parvis peuvent être désagréables pour le touriste étranger. Pour les Chinois, ils font partie du décor quotidien... 2ème règle : ne pas parler fort (les Chinois ne parlent pas, ils crient!) et ne pas passer devant les gens dans les files d'attente (là-aussi, c'est la loi de la jungle, chacun pour soit, le plus culotté devant!)
3ème règle : protèger l'environement... sans commentaire quand on voit
le chemin qui circule dans les collines au-dessus du village, on se
croirait dans un décharge publique! 4ème règle : respecter les reliques historiques... lesquelles? Celles qui ont été construites en 2003 ? 5ème règle : respecter les lieux publics : ne pas les salirs, ni les détériorer. Effectivement, les lieux publics sont en géneral en piteux état ; les Chinois jettent leurs déchets par terre, crachent... Le pire c'est que comme il n'y a pas longtemps qu'il existe des lieux privés, ceux-ci sont aussi dégueulasses !!! 6ème règle : respecter les droits des autres personnes... bon, alors ça, clairement ils ne savent pas faire, et ils n'ont pas dû lire la pancarte. Il est clairement stipulé qu'il ne faut pas forcer les touristes étrangers à poser en photo avec vous... pourtant, Romain a dû poser sur au moins 10 photos !... 7ème règle : être poli... Il est temps de mettre la politesse en valeur... mais peut-être trop tard... que ce soit à cause de la surpopulation ou de l'éducation communiste... ou un peu des deux... la politesse est belle est bien morte en Chine... comme le respect des règles... en fait, comme le Respect, tout court ! la 8ème règle parle de ne pas se laisser aller aux superstitions (=religion bouddhiste), drogues, pornography (=prostitution) jeux d'argent...
Le gouvernement a raison d'édicter les règles mais l'éducation a tellement été négligée qu'il faudra attendre de nombreuses années avant que même les plus basiques de ces règles paraissent logiques aux Chinois ! Mao voulait que son peuple soit constitué de bons paysans travailleurs ; il en a fait des rustres et des incultes !
Heureusement, la plupart des Chinois ne sont pas très sportifs et juste derrière la colline, un petit lac et des sentiers calmes serpentent entre les fermes ! Après 35km d'autoroute et 1h de foule, nous avons bien mérité notre air frais et nos chants d'oiseaux, mais... il faut repartir !!!
Bien à vous, les pandas-grisaille
10:48 - 10/1/2008 - commentaires {1} - Ajouter un commentaireNoël à Emei ShanEmei Shan, pas très loin de Leshan, et à 3h de route de Chengdu, est un site classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco. D'ancienne retraite Taoïste, lors de l'expansion du Bouddhisme en Chine, la montagne devint un site de pélerinage bouddhiste. Des temples, servant à l'hébergement et à la prière des pélerins furent érigés sur le parcours. A l'heure qu'il est, la montagne est surtout le lieu de pélerinage des touristes (chinois comme occidentaux) qui collectionnent les destinations "Unesco". Mais dès que l'on s'éloigne des lieux desservis par les téléphériques (le pélerin moderne n'accepte pas de souffrir/transpirer pour arriver à son but...), et si l'on visite le lieu en plein hiver par temps brumeux, les sentiers sont relativements déserts... et pour cause !
Les plantations du célèbre thé d'Emei Shan
Une des maisons des villages au pied de la montagne : architecture ancienne et technologie moderne !
Prêt à affronter les singes, les marches et le brouillard...
Nous ne verrons que peu de singes, certes agressifs, mais rapidement
dissuadés par une bande de matrones armées de bâtons et de frondes!
En revanche, des marches et du brouillard, nous en verrons plus que nous n'aurions voulu...
Des marches...
du brouillard...
Avec parfois un temple...
... habité par un Bouddha délaissé pendant la saison d'hiver!
Des marches Et du brouillard
De braves paysans locaux montent les matériaux pour les temples : la
construction des escaliers... les travaux de rénovation battent leur
plein en hiver !
Ici, ils portent à deux, un vase à encens de 200 kg, sur 30 km de marches d'escaliers!
C'est comme cela que les temples ont été construits : à dos d'hommes!
Respect pour ces paysans, qui gardent le sourire et la blague aux lèvres, même à la 1000 ème marche !
Le temple moussu, "des arbres vénérables" ...le seul qui ait gardé un cachet et une atmosphère.
On y est presque, après 20 km de montée et 30 km de descente... nos genoux s'en souviendront !
Un ancien pont sur une gorge où bondit un torrent.
Un pavillon moussu et ses ponts jumeaux... c'est bien une photo et non pas une estampe
!!!
Arrivés en bas, bien crevés...
Notre
réveillon de Noël est à peine plus élaboré que celui de l'an dernier
(une pensée pour Mamie Ana qui nous l'avait cuisiné!). Les
réjouissances seront de courte durée ; la fatigue du pélerin nous abat
à 9h sonnantes!!!
JOYEUX NOEL A TOUS
ET BONNE ANNEE 2008Les Pandas-pélerins (Aïe!) 11:28 - 25/12/2007 - commentaires {3} - Ajouter un commentaireUn week end à LeshanLeshan (la montagne du bonheur) est célèbre pour son Bouddha géant : le plus grand Bouddha assis du monde, paraît-il. Un des sites les plus touristiques des alentours de Chengdu. Invités par des amies chinoises, nous allons y passer un week end.
Avec Eva et Claudia, deux amies de Chengdu, nous allons rejoindre Paula, qui habite à Leshan, et va nous servir de guide pendant deux jours.
Visite au grand Bouddha de Leshan...
Une joyeuse équipe!
La tête du fameux Bouddha a été rénovée "plus vraie que nature" pour la visite des membres de l'UNESCO,
il y a quelques années.
En voyant ce que cela donnait, ils ont probablement eut peur que les
chinois ne décident de rénover le reste de la sorte et se sont pressés
de le classer patrimoine mondial !!! Ouf !!!
Pour le bonheur éternel : touchez le nombril de Maitreya, le Bouddha du futur...
difficile pour les petites Chinoises... trop facile pour moi... la prophétie se réalisera-t'elle quand même ?
Les escaliers taillés dans la falaise pour descendre au pied du Bouddha.
Un vrai labyrinthe d'escaliers, de niches où des petits Bouddhas
sculptés entourent leur grand frère et de petites cabanes de méditation
pour les moines des temps anciens.
Aux pieds du Bouddha : les quatre Grâces ?
Comparaison culturelle : j'adore le corps du Bouddha envahi d'herbes et
de mousse, usé par la pluie et le vent. Mes amies le trouvent sale,
vieux et moche ; elles trouvent la tête bien plus belle. Je suis quant
à moi rebutée par l'aspect artificiel de cette dernière, en béton peint
de couleurs "vivantes"!
On remonte par des grottes à flanc de falaise, dominant la rivière tumultueuse.
Soirée Karaoke Les Karaoke (KTV) sont légion en Chine. Les Chinois adorent chanter et se retrouver entre amis dans l'un des salons privés d'un Karaoke à la mode, pour danser, boire et chanter. C'est là l'une de leurs principales sorties. C'est notre premier Karaoke, et un souvenir inoubliable.
Nous trouvons un grand nombre de chansons en anglais, que nous
connaissons plus ou moins et massacrons avec ardeur . Toutes les BO de
films romantiques de notre adolescence y passent : Body Guard, Titanic,
Robin Hood et j'en passe...
On ne maitrise pas toujours les airs, et les sous-titrages, faits par
des Chinois, sont souvent différents des paroles originales, jetant le
doute dans nos esprits déjà embrouillés!
Romain reçoit un Oscar à l'unanimité de nos copines pour sa prestation
dans la chanson de Top Gun, qu'il ne connaît pas mais récite d'une voix
de stentor, qui fait très bien illusion, sur fond de violons sirupeux...
de toutes façon, elles se ressemblent toutes ces chansons!!!
Heureusement, la présence dans la liste de "Tears in Heaven de Clapton"
et de "Comme toi de Goldman" (traduit en chinois, je vous jure!!!),
nous permet quand même de chanter une chanson entière avec le bon
air et les bonnes paroles!
Dédicace spéciale à Vincent et Weila : je chante Kan Guo Lai, chanson chinoise apprise avec eux en NC...
heureusement, j'ai le soutien de choristes dévouées!
Je me lance aussi sur 不怕不怕, une version chinoise du tube russe (noumanoumaye) de l'an dernier... je connais l'air et...
vous allez être épatés : j'arrive à lire les sous-titres... enfin, la plupart !
C'est vrai que le KTV, pour la pratique de la lecture des caractères
chinois, c'est souverain ! De plus, comme la plupart des chanteurs sont
Taiwanais ou Hong-Kongais, les sous-titres sont en chinois ancien... ça
complique encore !!!
Le lendemain ; visite de la falaise aux 1000 Bouddhas
Avec le sourire, malgré le peu de sommeil !
La falaise aux 1000 Bouddhas (il y en a, en fait, plus de 3000), sculptés dans le magnifique roc rouge de la région.
Le buddha et Guanyin, un bodisvatta (presque Bouddha) féminin, associée
à la mer de Chine du Sud et personnage très important du culte
principal des Bouddhistes chinois.
Une soeur de la Iemanja brésilienne et de la déesse de la mer indonésienne ?
Une assemblée de Bouddhas... malheureusement, beaucoup de têtes ont été cassées.
Les locaux disent qu'elles ont été volées pour être revendues... mais
le côté systématique de la destruction, même sur de petites pièces me
laisse pensive... la Révolution Culturelle serait-elle passée par là ?
Impossible d'avoir de confirmation...
Tout le monde semble croire fermement à l'hypothèse du vol...
A midi, nous nous arrêtons dans un petit restaurant tranquille, au bord de la rivière.
Nous commandons un poulet : la cuisinière va l'attraper dans le champs voisin, le bon poulet biologique et frais !
Un vrai régal, cuisiné aux légumes du jardin... vraiment, le bonheur est dans le pré !
Après ce bon week end plein d'amitié et de découvertes, nos amies
retournent à Chengdu et nous allons vers d'autres aventures. Un autre
grand site touristique nous attend : EmeiShan.
Dédicace à nos amies chinoises:
谢谢 Penpen, Eva and Claudia.
Les Pandas-rois du karaoke!!!
09:36 - 25/12/2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaireLe Temple bouddhiste de Wenshu.
Après ces deux articles peu optimistes, je veux vous montrer un bel aspect de la Chine : après le temple Zen de Daci et le temple Taoiste de la Chèvre verte, voici un autre temple, bouddhiste également, celui de Wenshu.
Tout en photos pour vous reposer de mon bla-bla !!!
La cour du temple : une petite prière avant d'aller se promener dans les jardins et de profiter du restaurant et de la maison de thé ?
La pagode aux 1000 bouddhas.
Balayer, balayer : les feuilles de Gingko dorées, c'est joli, mais par terre, ça fait désordre!
Un monstre bien sympathique garde la pagode aux 1000 bouddhas
Drôle de tête... tu ne serais pas une chimère, toi ?
La maison de thé est désertée à cause du froid.
Nous nous réfugions dans un petit pavillon pour boire un thé et discuter.
Les bols à thé typique du Sichuan, avec leur petit couvercle pour garder la boisson chaude
et écumer les feuilles de thé avant de boire.
Jacques et Adeline, nos amis chinois, qui étudient le français.
Discussion autour d'une tasse de thé
Tradition de thé sichuanaise : la chaise en bambou et le bol avec couvercle.
Ajoutez quelques vieilles personnes, un jeu de majong et les petits
enfants qui jouent tout autour et vous aurez une idée de la tradition
des maisons de thé du Sichuan.
Un art de vivre et de ne pas trop s'agiter !
Il y a 5 ans, il y avait plus de 30 maisons de thé à Chengdu. Elles ne sont plus que 3 !
Le Pavillon de la longévité : sous le pont nagent les tortues, symbole de longévité
et sur le pont, les personnes âgées du quartier devisent...
Paix et tranquillité... vous comprenez à quel point elles sont précieuses, maintenant ?
Les Pandas-buveurs de thé
08:31 - 18/12/2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaireUn automne Zen...(Petit commentaire esthétique : lisez cet article sur fond rouge pour mieux l'apprécier. Il est possible de changer la couleur de fond en cliquant sur le bouton correspondant à droite de la page de blog)
Le soleil sur les Gingkos (arbres omniprésents à Chengdu) en robes dorées, donne au temple Zen de Daci une atmosphère hors du temps.
Il fait bon s'y promener en oubliant le vacarme de la ville.
A la porte du temple : les grands centres commerciaux bourrés de jeunes
Chinois pleins d'espoir en l'avenir. Un avenir qu'ils veulent "à
l'américaine" :voiture, home cinema, fringues de marque, téléphone
dernier cri...
Une jeune Chinoise moderne, habillée à la mode, vient déposer des encens. Vient-elle demander une faveur ou est-ce par réelle dévotion?
A l'heure qu'il est, les jeunes Chinois opèrent un retour vers les religions, qui se traduit malheureusement souvent par une imitation des rituels sans compréhension profonde. Retour à la spiritualité difficile...
Petite note historique
Un de nos amis, trentenaire originaire de Chengdu, nous raconte que pendant l'enfance de sa mère, le temple millénaire de Daci était peuplé de plusieurs milliers de moines et s'étendait sur plus de 20km, depuis l'endroit où s'élèvent actuellement les centres commerciaux, jusqu'à la campagne, qui n'est maintenant plus que banlieues grises et champs de grues! Avec un sourire ironique il nous dit que pendant la "grande" révolution culturelle, le temple a été entièrement détruit. Ce que l'on visite actuellement n'est qu'une pâle reconstitution réduite à quelques pavillons et maisons de thé, construite il y a 5 ans et que les panneaux explicatifs, traduits en anglais, s'évertuent à antédater : tel pavillon aurait été construit sous les Ming, tel autre serait l'oeuvre des Qing... L'observateur, malgré toute sa bonne volonté, ne peut se laisser duper par ces toits de béton recouverts de fausses tuiles anciennes, ces statues de stuc créées à la chaîne par des artisans n'ayant plus aucune ferveur religieuse et l'aspect général de ces pavillons, trahissant la construction à la hâte, symptôme de la société chinoise moderne.
Le gardien de l'entrée du temple. Pur stuc !
Heureusement, malgré tout ce qui sonne faux une atmosphère demeure, grâce à la nature, aux bougies, au calme et à la lenteur, si rares en Chine...
Ici, on prend le temps : la fumée des encens et les flammes de bougie,
le son des gongs saluant les fidèles qui se prosternent participent
d'un instant totalement "Zen", au sens religieux, comme au sens
"vulgarisé" par notre langage quotidien.
Il fait bon déambuler en observant la vie civile et profane qui s'y déroule.
Ici, deux moines Zen (Chan, en Chinois) en pleine discussion.
Qui semble avoir compris le sens de la vie? Les Bouddhas dorés ou les Madones rouges ?
Je ne sais pas vous, mais moi, entre ce jovial Bouddha ventripotent et
notre Jésus torturé, je n'hésiterais pas un instant...
Ambiances de lumières...
Mais quelle est cette rumeur venant de l'un des bâtiments annexes du temple ?
Les personnes âgées s'y réfugient pour perpétuer une tradition typiquement Sichuanaise : boire du thé et jouer au Majhong.
Nous nous joignons à ces "épicuriens-zen", le temps d'un repas, profitant du rare soleil d'hiver sous la tonnelle.
La foule défile près de notre table en commentant notre menu ; tous
sont très surpris de nous voir manger le "Mapo Doufu", plat typique et
extrêmement épicé!!!
En direct du pays des gingko dorés,
Les Pandas-Zen
08:56 - 8/12/2007 - commentaires {1} - Ajouter un commentaireUn automne Taoiste...Petit conseil esthétique : lisez cet article avec un fond rouge !
Ayant passé un après-midi très agréable dans le temple Zen de Daci, je décide d'aller voir si les Ginkgos sont aussi beaux chez les Taoïstes.
Je me rends au temple de la Chèvre verte, sanctuaire taoïste et clou du circuit touristique que nous offrons à nos visiteurs ! Le Panda-marmouset ayant décliné une 4ème visite (en prévision de celle prévue courant janvier !), j'embarque donc une équipe multiethnique (2 Sri-lankais, 2 Népalaises et un Burundais) et pluridiscuplinaire (2 chercheurs en Boudhisme, 2 infirmières et un businessman) afin de m'aider dans mon enquête.
United colors of ma classe de chinois
Je suis gâtée : il y a encore plus de Gingkos que dans le temple Zen... et en ce samedi après-midi, l'affluence, les bougies et le froid font régner comme une ambiance de Noël !!!
Vert, rouge et or... des couleurs de Noël traditionnel! Ambiance d'automne lumineux
Le mur taoïste, sur lequel sont gravés trois caractères qui signifient (de gauche à droite) : richesse, longévité et bonheur. Le but du jeu est de s'avancer les yeux fermés vers le mur. Si l'on arrive à toucher un caractère, on obtiendra ce qu'il désigne. Comme dit l'un de mes compagnons : " Il vaut mieux viser le bonheur, car si tu obtiens la longévité mais que tu es malheureux, c'est la galère! "
Sur cette sagesse, je clos le chapitre "Automne Zen et Taoïste", et plonge dans le prosaïque pour vous annoncer qu'en ce moment, c'est la saison des saucissons à Chengdu (je ne voulais quand même pas faire un article rien que pour ça... mais c'est d'une importance capitale !!!)
La preuve par l'image :
Taoïstement vôtres,
Les Pandas-immortels
10:38 - 7/12/2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaireHuanlongxi, la ville du Dragon de feuPetite escapade par un dimanche ensoleillé... le soleil semble pointer son nez frileux plus fréquemment (disons une fois par semaine), au fur et à mesure que l'hiver s'installe. Cela nous donne bon espoir pour les visiteurs du mois de janvier !
Nous prenons donc le bus direction Huanglongxi, un petit village historique (lire : en "faux vieux") à 1h de route au sud de Chengdu.
Le bus traverse la banlieue sud de Chengdu, aussi appelée "High Tech Zone". En effet, nous apercevons des bâtiments tout droit sortis de la guerre des étoiles : coupoles de verre, tours d'acier...
Pour l'instant, c'est surtout un immense champ de grues. Poclain a dû
faire fortune !...A moins que ça ne soit la copie de leur usine
chinoise !
Curieusement, cependant, nous sortons assez vite de la ville et des chantiers, pour arriver dans une campagne aux couleurs d'automne.
![]() Huanlongxi : la ville du dragon de feu, dont la rue principale ondule le long du fleuve comme un animal fantastique.
La petite ville se trouve au confluent de 3 rivières, ce qui en faisait un haut lieu de commerce du temps où les rivières étaient encore naviguées. Actuellement, elle est surtout connue pour ses petites rues à l'ancienne, ses banyans millénaires et ses temples parfumés d'encens.
La ville des banyans millénaires et des temples colorés
Petit gué traditionnel pour traverser la rivière (à sec!) au son du
"Erhu" (petite viole chinoise à 3 cordes) qu'un vieil homme fait gémir
au bord de l'eau...
Le rendez-vous des 成都人 Chengdu Ren ( habitants de Chengdu) : sortie en famille du week-end. Respirer un peu d'air frais, voir la campagne, faire un tour a cheval (ou en ULM), jouer à la kermesse, se déguiser avec des couronnes de fleurs fraîches et des robes de la dynastie Ming...
...manger au resto l'une des spécilalités locales : le tofu frais pressé à la meule de pierre, le poisson en sauce pimentée et les écrevisses frites...
...et se prélasser dans une des nombreuses maisons de thé, symbole d'un
art de vivre noyé depuis longtemps dans le bouillonnement de la Chine
moderne, en sirotant un 花茶 (thé au jasmin) et en jouant au Majhong...
![]() ![]()
Quelques personnes vivent encore dans ce petit village-musée, et les
plus âgées d'entre elles se livrent à des activités
traditionnelles : le calligraphe de rue, le fabricant de cages
d'oiseaux, les petits vendeurs...
Le quai, où étaient embarquées les marchandises... maintenant, on y embarque des passagers dans des bateaux à moteur spécialisés dans les embardées et les vrombissements, pour fournir à leurs passagers les émotions fortes qu'ils ont payées ! Où sont les tranquilles jonques d'antan ?
Il en reste quelques spécimens, qui promènent les touristes jusqu'au temple...
Le temple est à une petite demi-heure du village, par une petite route à travers champs et villages agricoles.
Nous profitons de cette petite marche pour aérer nos poumons,
respirer, tendre nos visages vers le soleil, nous émerveiller devant la
moindre araignée, la moindre scène champêtre...
C'est alors que nous nous apercevons que tout cela nous manquait terriblement!
Les bottes de soja sèchent avant que les graines n'en soient passées à la meule pour faire du Tofu (fromage de lait de soja)
Au temple, nous retrouvons les touristes chinois, venus en bateau.
Mais pourquoi cette activité intensive autour des bacs à encens et bougies?
Voilà le destinataire de toutes ces attentions : le buddha géant, Dafo.
Les Chinois pensent qu'au plus grand le cierge, aux plus généreuses les
faveurs du Boudha... et aux plus de péchés rachetés!
Il paraît que, dans certains temples, les moines ont été obligés de limiter à 2m la hauteur des cierges !!!
Nous fuyons vite cette activité frénétique et les attentions un peu trop envahissantes des Chinois, dont certains viennent de petites villes alentours et n'ont jamais vu d'étrangers!!!
Décidemment... le bonheur est dans le pré...
Champêtrement vôtres,
les Pandas des champs
09:49 - 19/11/2007 - commentaires {2} - Ajouter un commentaireXi'an, la musulmaneA Xi'an, ce qui déplace les foules, ce sont la terracotta des guerriers et le marbre des stèles... nous trouvons, quant à nous, notre bonheur dans des matières un peu moins nobles... C'est dans les petites ruelles animées du quartier musulman que nous attendent ces régals prosaïques : brochettes et ragoûts de mouton, pâtes fraiches, pâtisseries, fruits secs. Délice des yeux et des papilles!!!
Il est beau mon agneau... brochettes, méchoui, ragoût...
La pierrade locale : de la bonne viande, des légumes marinés dans le miel, saisis sur le grill et trempés dans une sauce cacahuètes-cumin MMMMH... on vous fera goûter en rentrant!!!
Noix dorées et croustillantes... séchées au feu de bois !
Petites galettes de farine de maïs cuites à la vapeur dans des petits moules en bois et servies avec votre choix de confiture, poudre de cacahuète ou graines de sésame...
Biscuits de pâte de pois chiches aux fruits secs... ça sonne bizarre, mais c'est bon... enfin, disons... Romain aime bien... quant à moi, un peu refroidie par le goût de "pâte crue", je me rabats vers des délices plus classiques...
...petits gâteaux en tous genres... et même des bugnes, le gâteau traditionnel du mois de février... en Chine comme en France, quelle étrange coïncidence!!!
Les Musulmans de Xi'an sont de l'Ethnie Hui, à ne pas confondre avec les autres Musulmans de Chine, l'ethnie des Ouigours, qui réclament l'indépendance de leur province, le Xinjiang, aux confins du Tibet et de la Mongolie. Ces frontières éloignées sont toutes des Provinces Autonomes et leurs langues, cultures et personnalités s'incrivent plus dans l'Asie Centrale et la steppe sibérienne que dans la Chine des "Han" (ethnie dominante en Chine).
Les Hui (prononcer "roui"), en revanche, sont les descendants des Musulmans installés en Chine depuis les temps immémoriaux de la route de la soie. Leur physique est tout à fait chinois (un rien plus rebondi, du fait que les Chinois n'ont pas, normalement, le goût pour les pâtisseries et autres grignotages sucrés!). Ils parlent parfaitement le mandarin (mieux, d'ailleurs que les habitants de Chengdu, dont l'accent zozotant est parfois déroutant) et sont tout à fait intégrés à la société chinoise (en cela qu'ils commercent à tout va!)
Le bazar autour de la mosquée, digne d'Istanbul... mais marchandises purement chinoises et à destination des touristes : calligraphies, petits livres rouges traduits dans toutes les langues, soie, baguettes... le tout à des prix environ dix fois supérieurs à ceux pratiqués à Chengdu... c'est ce qu'on appelle "inflation touristique"!
La grande mosquée, ayant résisté par miracle (ou grâce à des Musulmans influents et aux poches bien remplies?!) à la révolution culturelle, est un havre de paix, loin des foules et de l'activité incessante de la ville.
Rencontre entre mosquée andalouse et temple taoïste, l'enfilade de jardins, les pavillons moussus et le hall de prière de bois sculpté donnent un sentiment de sérénité et de vénérabilité, comme je n'avais jamais ressenti devant un monument en Chine.
Un pavillon tout à fait chinois, abritant une stèle, en arabe, écrite par le premier imam de la mosquée
Mélange de style réussi !!! Ambiance...
Bilan de notre escapade à Xi'an : nous nous sommes aperçu que les gens de Chengdu parlent vraiment le mandarin avec un accent impossible, et sommes rassurés sur notre capacité de compréhension du chinois. En revanche, nous n'échangerions pour rien au monde la bonhommie et la gentillesse de nos Sichuanais... et leur cuisine épicée! Sans parler du brouillard permanent de Chengdu, qui, à côté de la pollution de Xi'an, nous fait l'effet d'un bol d'air !!!
Du haut de la Pagode de l'Oie sauvage : vue imprenable sur... le nuage de brouillard et de pollution!
Le climat de toute la Chine de Chengdu à Pekin et de Xian à Shangai, semblerait-il !
Quant aux petites douceurs au miel et aux noix... il vaut mieux pour ma ligne qu'elles soient à 800 km d'ici et que les "grignotages" Sichuanais (à base de tofu fumé, piment et patates douces) soient beaucoup moins tentants pour mes papilles de fourmi !!!
A bientôt pour une tranche de vie Chengduienne...
D'ici là , Inch Allah
Les PandA Libaba
08:15 - 13/10/2007 - commentaires {2} - Ajouter un commentaireXi'an, promenades historiquesXi'an; "Paix de l'Ouest"...peut-on trouver nom plus mal choisi pour un lieu qui vit batailles, luttes de pouvoirs, tyrannie, changements de dynasties pendant plus de 2 millénaires ?
Somptueux palais impériaux, érigés par les dynasties qui se sont succédées dans cette vallée fertile, quartiers marchands où s'échangent les richesses convoyées le long de la route de la soie, monastères où germent les philosophies Taoistes et Bouddhistes, maisons bourgeoises où les mandarins-lettrés posent les bases du Confucianisme, de la calligraphie, de la peinture classique ...
Le caractère éphémère de l'architecture chinoise de l'époque, qui utilise des matériaux voués à retourner à la terre ou à partir en fumée, l'acharnement des dynasties régnantes sur ce qui attestait de la grandeur de leurs prédecesseurs, la révolution culturelle, l'urbanisme forcené de la Chine moderne se sont conjugués pour ne nous laisser que de maigres traces du temps de la grandeur de Xi'an. Paradoxalement, ce sont les dernières demeures des Empereurs, bâties pour affronter "l'immortalité" de leur souverain, qui sont les meilleurs témoignages de cette époque.
Devant le succès de "l'Armée de terre cuite", qui amène à Xian des millions de touristes chinois et étrangers, le gouvernement de Xi'an a rénové (ce qui signifie, à de rares exception près, "reconstruit en imitant l'architecture de l'époque") de nombreux sites, témoins de l'histoire de Chine.
Promenade sur la muraille.
Au début du XXeme siècle, toutes les villes chinoises étaient fortifiées. Seule la muraille de Xi'an a résisté à la poussée de l'urbanisme sauvage de la Chine moderne.
Pagode de l'Oie Sauvage.
Seul bâtiment restant de la cité de la dynastie Tang (618-763), elle fut construite au coeur d'un monastère, pour protéger les textes bouddhiques rapportés d'Inde par Xuanzang, le moine voyageur.
Au pied de la pagode, une prof d'anglais (quand je vous dis que les profs bossent même pendant les vacances, ici!) nous aborde. Elle nous demande de parler avec ses élèves quelques instants ; nous sommes les premiers étrangers qu'ils voient!
Rue des calligraphes.
Une rue en "faux-vieux" de la dynastie Hu Jintao (XXIeme S.), abritant échoppes de pinceaux, papiers de riz et autres accessoires pour les calligraphes qui officient à des fins purement touristiques, mais néanmoins esthétiques.
Je n'ai jamais vu quelqu'un se servir d'un pinceau de cette taille...
En revanche, pour la calligraphie éphémère (eau sur le parvis d'un parc)... mieux vaut se munir d'un pinceau conséquent...
Un mouvement sûr et continu...
Les cinq "classiques" du confucianisme, que les lettrés devaient apprendre par coeur pour passer l'examen de mandarin.
Ces stèles regroupent à la fois la réflexion d'un penseur, l'art d'un calligraphe et celui d'un scuplteur, en un monument érigé à la gloire de l'Ecrit, fondement de la société chinoise.
La technique de l'estampe, permet de relever sur du papier de riz enduit d'encre de Chine les signes gravés sur les stèles.
L'imprimerie en germe...
Et quand "tout le monde" ce sont des milliers de Chinois (10 millions par an, contre 1 petit million de touristes étrangers), dont le ton de voix ocille entre "hurlements" et "cris perçants", et qui prennent absolument TOUT en photo, y compris les panneaux explicatifs... l'ambiance peut rapidement devenir insupportable, même pour des gens entraînés à "la foule chinoise" (voir aussi "toytoyisation")!
Heureusement, nous avons dans l'entrée de notre gîte, une reproduction fidèle de l'un des fantassins
Chuuuut, il est ici incognito !!!
Jeunes Chinoises déguisées en danseuses de la dynastie Tang pour le spectacle de la tombe de Qin Huang Di
Panda-di 1er du nom!
PS; On a retrouvé les maxi-monstres de Max !!!
11:17 - 9/10/2007 - commentaires {3} - Ajouter un commentairePanda Futé ou "les grands départs du 1er octobre"Une semaine de vacances...l'occasion est trop belle! Après un mois de sédentarité (!) il faut bien se dégourdir les jambes!!!
Nous ne sommes malheureusement pas les seuls à avoir la bougeotte. La fête nationale est une des rares occasions où les Chinois peuvent prendre des vacances et la classe moyenne grandissante compte bien en profiter pour "voir du pays".
Nous voici donc condamnés à "faire la même chose que tout le monde au même moment que tout le monde".
La gare de Chengdu est déjà en temps normal une agora inimaginable pour un Occidental, mais un jour de grands départs, c'est une impression totalement effarante que de pénétrer dans une des cinq salles d'attente bondées de Chinois pratiquant la "toytoyisation*" en virtuoses, le tout dans une ambiance somme toute bon enfant... n'oublions pas que les Chinois sont inventeurs du "zen".
*Note
: "Toytoyisation" : issu du Corse ancien "toytoy", désignant tout
individu présentant des traits asiatiques, la toytoyisation qualifie le
comportement des Chinois dansles files d'attente et dans la vie en
général; "chacun pour soi et moi avant tous"; "tous les coups sont
permis", etc
Rideaux brodés, fleurs en plastique, dentelles et chaussons...Nous sommes agréablement surpris par le wagon-lit.
Nous nous attendions franchement au pire, vu la résistance à la saleté et à l'inconfort dont sont capables les Chinois!
Nous avons donc voyagé luxe (et même dormi!) à 28 euros les 850km, soit 17H de voyage, car on s'arrête à toutes les gares pour croiser d'autres trains...
La voie, qui traverse une chaîne de petites montagnes est une vraie succession d'ouvrages d'art (à côté, le TGV Méditerranée fait figure de jeu d'enfants) : viaducs de plusieurs kilomètre, enchaînement de tunnels...
10:20 - 9/10/2007 - commentaires {1} - Ajouter un commentairePapa au Tibet-Tome 2 : Le coeur des Himalayas-Potala, Chomolangma, Maitreya et bla bla bla
Après un peu plus d'un mois de voyages aux 4 coins du Tibet (ou presque), mon Papa a repris son avion, non content de retrouver sa douce France où la plomberie fonctionne, ses légumes du jardin sans épices et ses Hautes-Alpes où le soleil est garanti 360 jours par an !!!
Quant à nous, nous reprenons le chemin de l'école demain pour un nouveau challenge: apprendre à lire, écrire, comprendre et parler le chinois en 6 mois !!!
Mais avant de vous raconter notre routine chinoise... laissez-moi vous faire rêver encore un peu en vous racontant notre voyage au Tibet, dans la région de Lhassa et de l'Everest...
Malheureusement, notre appareil photo numérique nous a laissés tomber lâchement le 1er jour du voyage... les photos qui viennent sont donc soit prises avec un petit jetable "made in China" (ces 3 mots, vous l'apprendrez au fil du blog, étant synonymes de beaucoup de déboires, défauts de conception, mauvaise qualité et autres vices de formes...), soit piratées sur Internet...
Le vol Chengdu-Lhassa : une mer de nuages dont émergent des sommets glacés...
on a presque l'impression de pouvoir toucher ces pics qui culminent à 6000m et plus!!!
Lhassa : le majestueux Potala, palais des Dalai Lamas depuis le XIVème siècle
Le bâtiment est majestueux. L'épaisseur des murs, l'harmonie de couleurs et d'agencement des différents corps, les lignes des bâtiments se détachant sur le ciel bleu, les tentures ondulant au vent.. .le Potala dégage une sérénité de monastère et une invincibilité de forteresse. C'est l'un des rares symboles de la grandeur du Tibet "d'avant" qui fut épargné par la révolution culturelle... suivant l'ordre de Zhou Enlai, semblerait-il. La beauté universelle est sa propre protection. Cela me rappelle le sauvetage in-extremis de Paris à la fin de la 2ème guerre mondiale !
Beaucoup de voyageurs nous avaient dit : "Lhassa a perdu son âme. Les Chinois construisent des tours de verre/acier et la ville moderne tue la belle Lhassa du temps d'avant". Bien sûr, par rapport à des photos de Lhassa en 1935, la ville a gonflé, les zones industrielles et tours modernes défigurent le paysage... Mais quelle ville aurait interêt à se figer dans le temps? Surtout un temps où les rues insalubres étaient jonchées de détritus, où les humains cotoyaient les animaux dans des cloaques et où seuls quelques points d'eau courante desservaient la ville et les milliers de pélerins.
La Chine a investi pour le tourisme, et ce, je pense, pour le bien des habitants de Lhassa : les rues sont propres et pavées, les bâtiments religieux et historiques ont été réparés et mis en valeur. Le Potala, que j'imaginais écrasé par des tours modernes est en fait mis en valeur par des jardins... bien sûr, le "Place du Peuple" qui lui fait face est ornée d'un "monument de la libération du Tibet" quelque peu controversé...
Mais dans l'ensemble, le tourisme, surtout l'intérêt des étrangers (le Potala et le Jokhan, temple principal de Lhassa sont classés à l'UNESCO), me semblent avoir sauvé beaucoup de symboles culturels. La Chine est très sensible à son image auprès des Occidentaux (surtout avec l'approche des JO)... c'est une chance pour l'histoire et la culture tibétaines !
Cependant, je ne peux que juger de l'aspect extérieur, de la sauvegarde de bâtiments et d'arts et de l'apparente prospérité de la ville. La vie des Tibétains à Lhassa et dans toute la zone du Tibet "autonome", d'après les quelques allusions que nous avons saisies au vol, au hasard de rencontres avec des Tibétains, est beaucoup plus difficile que dans les autres régions du Tibet (comme le Kham où nous étions en Juillet). Ici, la présence chinoise, économique et militaire nous a semblé pesante et omniprésente. Les gens sont beaucoup moins ouverts et souriants... effet du tourisme ou de l'oppression? Difficile à savoir...
Une fois encore, tout n'est pas noir ou blanc... les Chinois qui viennent par milliers s'installer au Tibet sont de pauvres hères (parfois ayant tout perdu dans une autre vie, pour cause de réformes agraires ou changement de politique...) venus tenter leur chance, pas des envahisseurs idéologiques... Et ils amènent avec eux un progrès technique que les Tibétains auraient mis des centaines d'années à conquérir... routes, électricité, écoles... D'un autre côté, de nombreux Tibétains se sont rangés du côté des oppresseurs... certains car opposés au régime féodal du DaÏ Lama, d'autres par simple attrait du gain...
Trêve de politique... les paysages du plateau tibétain sont largement au dessus de toutes nos querelles de petits microbes humains et peut-être un jour inspireron -ils à tous ces gens de belles idées...
Gyantse.
Dans une vaste plaine de champs d'orge ondulants, un piton rocheux sur
lequel se découpe une citadelle féodale. Epais murs ocres se fondant
dans le rocher, tours imperturbables, lignes puissantes et
inaccessibles.
Aux pieds de la citadelle, un autre piton rocheux festonné de murs
rouges protège un monastère où rien n'a changé depuis le XIVème siècle.
Dans cette vallée, on s'attend à voir apparaître une cavalcade de guerriers tibétains.
Ici, on sent la puissance et le rayonnement du Tibet féodal.
L'art et l'architecture tibétains du XIVème siècle ont été épargnés par les Anglais et les Chinois.
A l'intérieur du monastère, les peintures murales patinées et les
statues en terre cuite rayonnent de la dévotion des artisans qui les
ont créées. Leur art est plus fin, plus puissant que les reproductions
des autres monastères, produites à la va-vite pour parer aux dégâts de
la révolution culturelle ou suivant le goût pour le kitsh-doré des
Tibétains du XVIème siècle.
Sur des étagères le long des murs, des milliers de livres sur le Bouddhisme (mantra, commentairs, enseignements...) dont certains ont l'air d'avoir au moins 7 siècles, rajoutent encore à l'atmosphère solennelle du lieu.
Statue en terre cuite laquée d'un des protecteurs des 4 directions
Offrandes de beurre de yak de plus de 1m de haut.
Au monastère de Gyantse, on sent plus de conviction dans la fabrication
des offrandes de beurre : sculptures soignées, grande taille,
couleurs vives, motifs complexes.
A Lhassa, nous avions l'impression que les offrandes étaient faites
pour plaire aux touristes, mais sans réelle application ni goût
artistique et... en économisant la matière première!
Paysages inattendus.
Après les prairies verdoyantes du plateau de Kham, vers Litang, et les
vallées de champs d'orge des alentours de Lhassa, nous arrivons dans un
paysage complètement désertique.
L'altitude, la sécheresse (les plus hauts sommets des Himalayas
bloquent les dépressions), les vents ont créé un paysage digne de
l'Atlas marocain... dunes, collines rocheuses, falaises ocres et
rouges... Les paysages portent la marque des forces fantastiques que la
techtonique des plaques a fait subir à la région : plissements,
fractures, pics acérés, falaises lacérées... Ici les roches sont
passées par le feu et la glace.
On se sent minuscule au milieu de ces titans millénaires... mais pas
écrasés : la vue porte loin et tout n'est que beauté, sérénité,
silence...
Ici, c'est la montagne qui décide.
L'impudence des Chinois, qui ont construit une route reliant Lhassa à
Katmandou, à travers le plateau et les immensitéss inhospitalières, est
régulièrement punie par des éboulements et autres coulées de boue (et
je vous passe l'enrobé "made in China!)
Ici, nous resterons 2h à dégager la route... la DDE locale
intervient mais, après 1h, avec 2 pelles et une barre à mine, ils ne
font pas le poids
Romain suggère (suggestion traduite par notre guide à l'équipe qui travaille sur le rocher) dans les 10 premières minutes d'utiliser un cric de camion afin de dégager le gros rocher (sur la photo, ils sont en train d'essayer de le bouger à 20, sans succès)... solution qui sera couronnée de succès... 2h plus tard... efficacité tibétaine!!!
Fête au camp de base de l'Everest.
Après 3 jours de route et 3 de marche, nous arrivons au camp de base de l'Everest, Chomolangma pour les Tibétains...
Le sommet est dans les nuages, comme souvent à cette saison, et nous le
guettons en regardant les nomades faire leurs danses de fin de saison
(en septembre, ils démontent les tentes qui hébergent les touristes et
rentrent dans leur village pour l'hiver)
Par une chance inouie, parait il, en cette saison, nous voyons Chomolangma dès le lendemain matin de notre arrivée.
Sachant qu'on est à 5300m, vous imaginez l'impression que cela fait d'avoir le mastodonte (8848m) au-dessus de soi. Nous restons plus d'une heure à contempler la déesse blanche : arêtes, glaciers, jeux de lumière... Puis, gardant le sommet mythique en vue, nous montons lentement sur un sommet voisin... atteignant 5800m d'altitude, face au plus haut sommet du monde... un sentiment inoubliable!
Bien à vous, les Pandas au souffle coupé!
09:03 - 4/9/2007 - commentaires {3} - Ajouter un commentairePapa au Tibet-Tome 1 : les vallées de la province de KhamAprès ce long silence et vos nombreux messages demandant des nouvelles et des photos, je me dois de vous satisfaire... voici donc le récit du voyage de mon papa dans les Himalayas !
Sur l'échine des chevaux de vent, suivez-nous dans les vallées reculées de la Province de Kham, peuplées de nomades éleveurs de yaks, de belles maisons tibétaine nichées dans les champs d'orge et de lamasseries inaccessibles au pied de sommets charismatiques.
Le festival de course de chevaux de Litang... les farouches guerriers Kham viennent y montrer leur adresse de cavalier... et provoquer l'armée chinoise et les officiels locaux du parti !!!
Ce peuple nomade, qui participa à l'évasion du Dalai Lama (mon blog risque d'être censuré pour avoir osé écrire ce mot... si si si!!!) et furent les derniers à lutter contre l'envahisseur (avant de perdre le soutien secret de... la CIA... la même histoire qui se répète encore et encore...), continue, par son comportement guerrier et ses habitudes d'indépendance, de causer des complications politiques et sociales!!!
Mais ce genre maux de tête sont soigneusement évités aux touristes européens et américains, venus en masse prendre de jolies photos de tibétains en costumes d'apparât... qui se retrouvent face à des dizaines d'appareils aux zooms indécents braqués sur eux.
Nous sommes finalement heureux quand un minibus cahotant nous emmène par delà un col aussi haut que le Mont Blanc et nous dépose dans une vallée reculée pour 4 jours de randonnée : accueil des villageois, torrents tumultueux, vallées oubliées... ici, le Tibet n'est pas un show pour touristes!!!
La famille qui nous loue les chevaux nous accueille pour un bol de thé salé au beurre de yak et de tsampa (farine d'orge).. .un repas de nomades qui nous tiendra au corps jusqu'au soir!
En suivant le torrent au pied du Mont Genye
Les gamins d'un village accessible uniquement à pied ou à cheval (4h de marche)... les lunettes de glacier Vuarnet offertes par le frangin ont leur succès!!!
Lever de soleil sur le Mont Genye et les troupeaux de yak quittant le camp.
La Lamasserie du Mont Genye à 4000m, au pied des falaises de la Montagne sacrée... un décor invitant à la méditation...
Dans la cuisine sombre du monastère... prière au coin du feu...
Après quelques jours de repos, nous repartons pour 5 jours de randonnée au pied d'une autre montagne sacrée : Mynia Gonka (7556m). Cette fois-ci, la randonnée nous mènera dans de profondes vallées et, pour les atteindre, nous devrons traverser des cols à 4600m d'altitude.
Le BBQ de nos 125ans... canard laque et petit rouge chinois!!!
Le temps pluvieux et brumeux (+neige et grêle!) ne permet pas la vue du sommet... encore moins la grimpette à 4900m prévue! On guette l'éclaircie... letmotiv de la journée : "ça se découvre"....mais jamais pour longtemps!!!
C'est sûr, ça se découvre!!!
Le lendemain, ça s'est découvert! Nous pourrons donc faire le sommet à 4900m (le Mont Blanc est à 4807!)
Pierrade sacrée pour fêter ça : sur une pierre "om Mani Ped Meu" d'une stuppa tibétaine!!! (on l'a remise en place après!)
Le dernier jour, un dernier adieu au Mynia Gonka... la montagne se drape encore dans quelques nuages, mais par coquetterie uniquement... elle nous offre toute la splendeur de ses 7556m... il fallait les mériter (2 jours de marche sous la pluie et une nuit neigeuse sous la tente... sans compter les 2 cols à 4600!!!)
Voilà quelques rapides photos des paysages de rêve que Bouddha et la techtonique des plaques nous ont offerts pour nos 125ans!
Bien à vous, les pandas himalayens et le chamois haut-alpin!
10:01 - 17/8/2007 - commentaires {6} - Ajouter un commentaireBienvenue dans la Rubrique "Espapades" des Pandas!!!逸 Ici, vous trouverez les récits de nos week-ends "au vert", de nos randonnées sur les chemins des écoliers, de nos explorations diverses et autres découvertes des paysages du Sichuan et des provinces voisines... A vos pataugas et sac à dos!!!
10:54 - 17/7/2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaire |
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