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Xi'an, promenades historiques

Publié dans Escapades

Xi'an; "Paix de l'Ouest"...peut-on trouver nom plus mal choisi pour un lieu qui vit batailles, luttes de pouvoirs, tyrannie, changements de dynasties pendant plus de 2 millénaires ?

 


Xi'an fut, de l'Antiquité au Moyen-age, la plus grande ville du monde, d'où partait la Route de la soie qui faisait rayonner la puissance chinoise jusqu'en Europe...

 

Somptueux palais impériaux, érigés par les dynasties qui se sont succédées dans cette vallée fertile, quartiers marchands où s'échangent les richesses convoyées le long de la route de la soie, monastères où germent les philosophies Taoistes et Bouddhistes, maisons bourgeoises où les mandarins-lettrés posent les bases du Confucianisme, de la calligraphie, de la peinture classique ...
De tout ce bouillonnement intellectuel, culturel, économique, il ne reste presque plus rien.

 

Le caractère éphémère de l'architecture chinoise de l'époque, qui utilise des matériaux voués à retourner à la terre ou à partir en fumée, l'acharnement des dynasties régnantes sur ce qui attestait de la grandeur de leurs prédecesseurs, la révolution culturelle, l'urbanisme forcené de la Chine moderne se sont conjugués pour ne nous laisser que de maigres traces du temps de la grandeur de Xi'an.

Paradoxalement, ce sont les dernières demeures des Empereurs, bâties pour affronter "l'immortalité" de leur souverain, qui sont les meilleurs témoignages de cette époque.

 

Devant le succès de "l'Armée de terre cuite", qui amène à Xian des millions de touristes chinois et étrangers, le gouvernement de Xi'an a rénové (ce qui signifie, à de rares exception près, "reconstruit en imitant l'architecture de l'époque") de nombreux sites, témoins de l'histoire de Chine.

 

Promenade sur la muraille.

 

 

Au début du XXeme siècle, toutes les villes chinoises étaient fortifiées. Seule la muraille de Xi'an a résisté à la poussée de l'urbanisme sauvage de la Chine moderne.

 

Pagode de l'Oie Sauvage.

 

 

 

Seul bâtiment restant de la cité de la dynastie Tang (618-763), elle fut construite au coeur d'un monastère, pour protéger les textes bouddhiques rapportés d'Inde par Xuanzang, le moine voyageur.
Son épopée en Inde, qui dura plus de 10 ans inspira un des grands classiques de la littérature chinoise "Pérégrination vers l'Ouest", où un singe (?!) effectue un voyage initiatique et fantastique (cela rappellera quelquechose à Pierre et Nanou!).

 

Au pied de la pagode, une prof d'anglais (quand je vous dis que les profs bossent même pendant les vacances, ici!) nous aborde. Elle nous demande de parler avec ses élèves quelques instants ; nous sommes les premiers étrangers qu'ils voient!

 

 

Rue des calligraphes.

 

Une rue en "faux-vieux" de la dynastie Hu Jintao (XXIeme S.), abritant échoppes de pinceaux, papiers de riz et autres accessoires pour les calligraphes qui officient à des fins purement touristiques, mais néanmoins esthétiques.

 

Je n'ai jamais vu quelqu'un se servir d'un pinceau de cette taille...

 

En revanche, pour la calligraphie éphémère (eau sur le parvis d'un parc)... mieux vaut se munir d'un pinceau conséquent...

 

Un mouvement sûr et continu...


Au bout de la rue, toujours dans l'ambiance lettrés-calligraphes : le temple de Confucius abrite la "forêt de stèles", sur lesquelles sont gravés les textes fondateurs du confucianisme, des textes bouddhiques, ainsi que diverses dissertations, poèmes et jeux graphico-poètiques.

 

Les cinq "classiques" du confucianisme, que les lettrés devaient apprendre par coeur pour passer l'examen de mandarin.

 

Ces stèles regroupent à la fois la réflexion d'un penseur, l'art d'un calligraphe et celui d'un scuplteur, en un monument érigé à la gloire de l'Ecrit, fondement de la société chinoise.

 

La technique de l'estampe, permet de relever sur du papier de riz enduit d'encre de Chine les signes gravés sur les stèles.
L'imprimerie en germe...

 


L'armée de terre-cuite, formée de fantassins, cavaliers et généraux grandeur nature, fut construite pour protéger la tombe de Qin Huang Di l'Empereur Jaune Qin, le 1er Empereur, qui régna de -259 à -210 et fut le premier à unifier la Chine.


La mégalomanie et la puissance de cet homme se refètent dans sa tombe : un tertre de plus de 80m de haut (dont la fouille n'a pas été entreprise), et surtout dans l'immense déploiement militaire censé accompagner l'esprit du mort dans sa conquête de l'au-delà.


Chacune des quelques 8000 statues possède un visage unique, modelé par des artistes, des armes finement ouvragées, de métal plaqué d'un revêtement anti-corrosion et était peinte de manière réaliste.


Les archéologues pensent que plus de 700 000 artisans, ferroniers, architectes et esclaves travaillèrent pendant 38 ans pour créer ce chef d'oeuvre... qui resta inconnu et enterré dans des galeries de bois jusqu'en 1976 !

 


L'impression gigantesque donnée par la fouille principale, peuplée de fantassins en formation serrée, prêts à la bataille, et le mystère des deux autres fouilles, encore partiellement recouvertes, est à peine entamée par les hordes de Chinois qui se pressent aux balcons.

 

 


En revanche, devant les vitrines du général, de l'archer et des chars de bronze, nous souffrons du syndrome de "faire la même chose que tout le monde en même temps que tout le monde"...

Et quand "tout le monde" ce sont des milliers de Chinois (10 millions par an, contre 1 petit million de touristes étrangers), dont le ton de voix ocille entre "hurlements" et "cris perçants", et qui prennent absolument TOUT en photo, y compris les panneaux explicatifs... l'ambiance peut rapidement devenir insupportable, même pour des gens entraînés à "la foule chinoise" (voir aussi "toytoyisation")!

 

Heureusement, nous avons dans l'entrée de notre gîte, une reproduction fidèle de l'un des fantassins
Chuuuut, il est ici incognito !!!

 


Bref, un bain de foule et une immersion historique somme toute éducatifs. Nous sommes maintenant capables de réciter les dynasties dans l'ordre et de mémoire : Shang, Zhou, Qin, Han, Sui, Tang, Song, Yuan, Ming, Qing...
ça ira ou vous les voulez à l'envers?

 

 

Jeunes Chinoises déguisées en danseuses de la dynastie Tang pour le spectacle de la tombe de Qin Huang Di

 


Historiquement Vôtre,

Panda-di 1er du nom!

PS; On a retrouvé les maxi-monstres de Max !!!

 

11:17 - 9/10/2007 - Ajouter un commentaire

Bien bel article encore !

Et alors, vous leur avez parlé en chinois aux petits éléves de la classe d'Anglais ? ;-)

monette - 01:07 - 9/10/2007

Commentaire sans titre

vous revoilà! c'est un plaisir de pouvoir partager tout cela avec vous

dede - 03:42 - 9/10/2007

coucou Montgardinois

C'est très, très agréable de vous suivre dans votre découverte de la vie chinoise. Entre le Canada et la Chine "Vivent les blogs" Amitié

laurence - 03:19 - 10/10/2007

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