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Papa au Tibet-Tome 2 : Le coeur des Himalayas-Potala, Chomolangma, Maitreya et bla bla bla
Après un peu plus d'un mois de voyages aux 4 coins du Tibet (ou presque), mon Papa a repris son avion, non content de retrouver sa douce France où la plomberie fonctionne, ses légumes du jardin sans épices et ses Hautes-Alpes où le soleil est garanti 360 jours par an !!!
Quant à nous, nous reprenons le chemin de l'école demain pour un nouveau challenge: apprendre à lire, écrire, comprendre et parler le chinois en 6 mois !!!
Mais avant de vous raconter notre routine chinoise... laissez-moi vous faire rêver encore un peu en vous racontant notre voyage au Tibet, dans la région de Lhassa et de l'Everest...
Malheureusement, notre appareil photo numérique nous a laissés tomber lâchement le 1er jour du voyage... les photos qui viennent sont donc soit prises avec un petit jetable "made in China" (ces 3 mots, vous l'apprendrez au fil du blog, étant synonymes de beaucoup de déboires, défauts de conception, mauvaise qualité et autres vices de formes...), soit piratées sur Internet...
Le vol Chengdu-Lhassa : une mer de nuages dont émergent des sommets glacés...
on a presque l'impression de pouvoir toucher ces pics qui culminent à 6000m et plus!!!
Lhassa : le majestueux Potala, palais des Dalai Lamas depuis le XIVème siècle
Le bâtiment est majestueux. L'épaisseur des murs, l'harmonie de couleurs et d'agencement des différents corps, les lignes des bâtiments se détachant sur le ciel bleu, les tentures ondulant au vent.. .le Potala dégage une sérénité de monastère et une invincibilité de forteresse. C'est l'un des rares symboles de la grandeur du Tibet "d'avant" qui fut épargné par la révolution culturelle... suivant l'ordre de Zhou Enlai, semblerait-il. La beauté universelle est sa propre protection. Cela me rappelle le sauvetage in-extremis de Paris à la fin de la 2ème guerre mondiale !
Beaucoup de voyageurs nous avaient dit : "Lhassa a perdu son âme. Les Chinois construisent des tours de verre/acier et la ville moderne tue la belle Lhassa du temps d'avant". Bien sûr, par rapport à des photos de Lhassa en 1935, la ville a gonflé, les zones industrielles et tours modernes défigurent le paysage... Mais quelle ville aurait interêt à se figer dans le temps? Surtout un temps où les rues insalubres étaient jonchées de détritus, où les humains cotoyaient les animaux dans des cloaques et où seuls quelques points d'eau courante desservaient la ville et les milliers de pélerins.
La Chine a investi pour le tourisme, et ce, je pense, pour le bien des habitants de Lhassa : les rues sont propres et pavées, les bâtiments religieux et historiques ont été réparés et mis en valeur. Le Potala, que j'imaginais écrasé par des tours modernes est en fait mis en valeur par des jardins... bien sûr, le "Place du Peuple" qui lui fait face est ornée d'un "monument de la libération du Tibet" quelque peu controversé...
Mais dans l'ensemble, le tourisme, surtout l'intérêt des étrangers (le Potala et le Jokhan, temple principal de Lhassa sont classés à l'UNESCO), me semblent avoir sauvé beaucoup de symboles culturels. La Chine est très sensible à son image auprès des Occidentaux (surtout avec l'approche des JO)... c'est une chance pour l'histoire et la culture tibétaines !
Cependant, je ne peux que juger de l'aspect extérieur, de la sauvegarde de bâtiments et d'arts et de l'apparente prospérité de la ville. La vie des Tibétains à Lhassa et dans toute la zone du Tibet "autonome", d'après les quelques allusions que nous avons saisies au vol, au hasard de rencontres avec des Tibétains, est beaucoup plus difficile que dans les autres régions du Tibet (comme le Kham où nous étions en Juillet). Ici, la présence chinoise, économique et militaire nous a semblé pesante et omniprésente. Les gens sont beaucoup moins ouverts et souriants... effet du tourisme ou de l'oppression? Difficile à savoir...
Une fois encore, tout n'est pas noir ou blanc... les Chinois qui viennent par milliers s'installer au Tibet sont de pauvres hères (parfois ayant tout perdu dans une autre vie, pour cause de réformes agraires ou changement de politique...) venus tenter leur chance, pas des envahisseurs idéologiques... Et ils amènent avec eux un progrès technique que les Tibétains auraient mis des centaines d'années à conquérir... routes, électricité, écoles... D'un autre côté, de nombreux Tibétains se sont rangés du côté des oppresseurs... certains car opposés au régime féodal du DaÏ Lama, d'autres par simple attrait du gain...
Trêve de politique... les paysages du plateau tibétain sont largement au dessus de toutes nos querelles de petits microbes humains et peut-être un jour inspireron -ils à tous ces gens de belles idées...
Gyantse.
Dans une vaste plaine de champs d'orge ondulants, un piton rocheux sur
lequel se découpe une citadelle féodale. Epais murs ocres se fondant
dans le rocher, tours imperturbables, lignes puissantes et
inaccessibles.
Aux pieds de la citadelle, un autre piton rocheux festonné de murs
rouges protège un monastère où rien n'a changé depuis le XIVème siècle.
Dans cette vallée, on s'attend à voir apparaître une cavalcade de guerriers tibétains.
Ici, on sent la puissance et le rayonnement du Tibet féodal.
L'art et l'architecture tibétains du XIVème siècle ont été épargnés par les Anglais et les Chinois.
A l'intérieur du monastère, les peintures murales patinées et les
statues en terre cuite rayonnent de la dévotion des artisans qui les
ont créées. Leur art est plus fin, plus puissant que les reproductions
des autres monastères, produites à la va-vite pour parer aux dégâts de
la révolution culturelle ou suivant le goût pour le kitsh-doré des
Tibétains du XVIème siècle.
Sur des étagères le long des murs, des milliers de livres sur le Bouddhisme (mantra, commentairs, enseignements...) dont certains ont l'air d'avoir au moins 7 siècles, rajoutent encore à l'atmosphère solennelle du lieu.
Statue en terre cuite laquée d'un des protecteurs des 4 directions
Offrandes de beurre de yak de plus de 1m de haut.
Au monastère de Gyantse, on sent plus de conviction dans la fabrication
des offrandes de beurre : sculptures soignées, grande taille,
couleurs vives, motifs complexes.
A Lhassa, nous avions l'impression que les offrandes étaient faites
pour plaire aux touristes, mais sans réelle application ni goût
artistique et... en économisant la matière première!
Paysages inattendus.
Après les prairies verdoyantes du plateau de Kham, vers Litang, et les
vallées de champs d'orge des alentours de Lhassa, nous arrivons dans un
paysage complètement désertique.
L'altitude, la sécheresse (les plus hauts sommets des Himalayas
bloquent les dépressions), les vents ont créé un paysage digne de
l'Atlas marocain... dunes, collines rocheuses, falaises ocres et
rouges... Les paysages portent la marque des forces fantastiques que la
techtonique des plaques a fait subir à la région : plissements,
fractures, pics acérés, falaises lacérées... Ici les roches sont
passées par le feu et la glace.
On se sent minuscule au milieu de ces titans millénaires... mais pas
écrasés : la vue porte loin et tout n'est que beauté, sérénité,
silence...
Ici, c'est la montagne qui décide.
L'impudence des Chinois, qui ont construit une route reliant Lhassa à
Katmandou, à travers le plateau et les immensitéss inhospitalières, est
régulièrement punie par des éboulements et autres coulées de boue (et
je vous passe l'enrobé "made in China!)
Ici, nous resterons 2h à dégager la route... la DDE locale
intervient mais, après 1h, avec 2 pelles et une barre à mine, ils ne
font pas le poids
Romain suggère (suggestion traduite par notre guide à l'équipe qui travaille sur le rocher) dans les 10 premières minutes d'utiliser un cric de camion afin de dégager le gros rocher (sur la photo, ils sont en train d'essayer de le bouger à 20, sans succès)... solution qui sera couronnée de succès... 2h plus tard... efficacité tibétaine!!!
Fête au camp de base de l'Everest.
Après 3 jours de route et 3 de marche, nous arrivons au camp de base de l'Everest, Chomolangma pour les Tibétains...
Le sommet est dans les nuages, comme souvent à cette saison, et nous le
guettons en regardant les nomades faire leurs danses de fin de saison
(en septembre, ils démontent les tentes qui hébergent les touristes et
rentrent dans leur village pour l'hiver)
Par une chance inouie, parait il, en cette saison, nous voyons Chomolangma dès le lendemain matin de notre arrivée.
Sachant qu'on est à 5300m, vous imaginez l'impression que cela fait d'avoir le mastodonte (8848m) au-dessus de soi. Nous restons plus d'une heure à contempler la déesse blanche : arêtes, glaciers, jeux de lumière... Puis, gardant le sommet mythique en vue, nous montons lentement sur un sommet voisin... atteignant 5800m d'altitude, face au plus haut sommet du monde... un sentiment inoubliable!
Bien à vous, les Pandas au souffle coupé!
09:03 - 4/09/2007 - Ajouter un commentaire
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